Afrique: Vaccin Covid19 en Afrique ? - La colère des internautes africains

Un entretien entre deux chercheurs sur la chaine française LCI déclenche une très vive émotion sur les réseaux sociaux.

Dans une vidéo de 45 secondes extraite d'une interview sur la chaîne française LCI, un chercheur de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale a évoqué l'éventualité de faire des essais cliniques d'un probable vaccin contre le coronavirus en Afrique. l'AFP a relayé cet échange entre deux chercheurs sur les tests de vaccins en Afrique dont voici la teneur :

« Si je peux être provocateur, est-ce qu'on ne pourrait pas faire ces tests en Afrique, où il n'y a pas de masques, pas de traitements, pas de réanimation, un peu comme c'est fait d'ailleurs pour certaines études dans le Sida, où chez les prostituées on essaie des choses parce qu'on sait qu'elles sont hautement exposées et qu'elles ne se protègent pas ? », interrogeait Jean-Paul Mira, chef du département de réanimation de l'hôpital Cochin, à Paris, dans une émission consacrée au coronavirus. « Vous avez raison, et nous sommes en train de réfléchir à une étude en Afrique pour faire ce même type d'approche avec le BCG et un placebo, » lui répond le professeur Camille Locht, directeur d'études à l'Inserm.

Ces informations ont circulé dans toute l'Afrique de l'Ouest et du Centre comme en Guinée, en République démocratique du Congo, au Mali, au Congo, au Gabon, au Mali, etc. Les jours précédents, les messages sur le même sujet s'étaient multipliées sur les réseaux sociaux en Afrique, accusant les Occidentaux, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, l'Union européenne ou encore le président français Emmanuel Macron, de vouloir tester en Afrique des vaccins contre le coronavirus.

En Afrique, le Benin, à travers son ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Alain Orounla, s'est exprimé sur la polémique. Selon lui, il est bien heureux, en ces temps où une solution contre le Coronavirus fait d'énormes dégâts, qu'il y ait possibilité de vaccin. Cependant, il a certifié que le président de la République, Patrice Talon « ne permettra pas que nos compatriotes servent de cobayes pour un vaccin aux résultats aléatoires ». En Côte d'Ivoire et au Cameroun, où doivent se tenir des tests selon ces publications, les autorités ont également démenti tout projet de vaccin sur leurs territoires.

Le ministère camerounais de la Santé au Cameroun a réfuté toute idée de "test d'un quelconque vaccin contre le COVID-19 » sur son sol. « Il n'a jamais été question de vacciner la population ivoirienne », a également déclaré Mahan Sehi, chargé de communication au Ministère ivoirien de la Santé. « En revanche, je peux vous confirmer que nous avons reçu l'autorisation de tester la chloroquine sur les cas confirmés de coronavirus, en cas de complication », a-t-il ajouté.

Sur les réseaux sociaux, des célébrités africaines, comme les footballeurs ivoirien Didier Drogba et camerounais Samuel Eto'o ont également réagi vivement.

En France, le CSA, gendarme des médias audiovisuels, a été saisi.

Jean-Paul Mira présente ses excuses

Dans un communiqué relayé par les médias, le professeur Jean-Paul Mira a présenté ses excuses « à celles et à ceux qui ont été heurtés, choqués, qui se sont sentis insultés par des propos que j'ai maladroitement prononcés sur LCI cette semaine ».

Selon leur propos, dans leur échange, les deux scientifiques n'évoquaient pas un éventuel nouveau vaccin contre le coronavirus, mais plutôt des tests de celui du BCG (contre la tuberculose) comme une piste dans la lutte contre le nouveau coronavirus.

L'Inserm a pour sa part répondu qu'une "vidéo tronquée faisait l'objet d'interprétations erronées sur les réseaux sociaux".

Dans la séquence intégrale de l'interview, d'une durée de cinq minutes, Camille Locht évoque d'abord « toute une série d'essais qui se font dans plusieurs pays dans le monde, plusieurs pays en Europe (et y compris j'espère en France, on essaie de le mettre en place), un grand essai clinique qui se mène en Australie... ». Après avoir été interrogé sur l'hypothèse africaine, il ajoute : «ça n'empêche pas qu'en parallèle on puisse réfléchir à une étude un Europe et en Australie. »

« Des essais cliniques visant à tester l'efficacité du vaccin BCG contre COVID-19 sont en cours ou sur le point d'être lancés dans les pays européens et en Australie. S'il y a bien actuellement une réflexion autour d'un déploiement en Afrique, il se ferait en parallèle de ces derniers », précise L'Insem dans un communiqué.

« L'Afrique ne doit pas être oubliée, ni exclue des recherches car la pandémie est globale. Si les essais internationaux étaient concluants, le vaccin BCG pourrait être une grande aide pour protéger les soignants », estime l'Inserm, le seul organisme public de recherche français entièrement dédié à la santé humaine.

Plus de: Les Dépêches de Brazzaville

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