Madagascar: Etat d'urgence sanitaire - Les agents de police au four et au moulin

Agent de circulation ou agent de bureau mobilisé en renfort, leur rôle en cette période d'exception peut paraître banal. En coulisse, ils passent pourtant, des journées éreintantes et vivent le fardeau quotidien de leur concitoyen.

Lui se nomme Norbert Rakotomanana, sous-brigadier de la police nationale, il porte sur ses épaules ses treize années d'ancienneté au sein de la compagnie urbaine de circulation. Elle s'appelle Benjamine Tahianarisoa, agent de police 2e échelon. Habituellement en poste au sein des bureaux d'attribution des passeports, elle est mobilisée en renfort sur terrain, en ces temps d'état d'urgence sanitaire.

Les deux policiers partagent le même quotidien depuis le début du confinement à Antananarivo. Vendredi, c'est au carrefour d'Anosy, en face du Sénat qu'ils étaient affairés et où ils vont passer leur douze heures de service, au moins. Un rythme qu'ils doivent tenir du lundi au samedi et un dimanche sur trois.

« Ce sont mes horaires de travail habituel, donc il n'y a pas trop de changement. La densité de la circulation est même réduite », relativise, sourire aux lèvres, le sous-brigadier Rakotomana. Père de famille, Norbert Rakotomanana réside à Alakamisin'ny Fenoarivo, une localité sise à plus de 10 kilomètres d'Antananarivo. « Je dois être opérationnel à mon poste à 6 heure 30, chaque matin. Ma journée ne s'arrête qu'à 18 heures 30, au plus tôt », explique-t-il.

Pour rejoindre son poste, le sous-brigadier Rakotomanana, doit se réveiller à 3 heures 30, car « je dois partir de chez moi, au plus tard à 5 heures », explique-t-il. Aller à pied au travail n'est pas nouveau pour le sous-brigadier Rakotomanana. « Je pars d'Alakamisin'ny Fenoarivo à pied, en général. Je fais de l'auto stop en cours de route jusqu'à Ampitatafika ou Anosizato. Je prends, ensuite le bus jusqu'à Anosy. Pareillement lorsque je rentre de le soir », décrit-il.

Faute de moyen

Sa plus grande difficulté en cette période d'exception concerne, justement, le déplacement pour aller travailler. « Depuis le début du confinement, il me faut entre deux et trois heures pour venir au travail et rentrer, car je dois marcher. Il n'y a pas de bus et il devient difficile de faire de l'auto- stop », indique Norbert Rakotomanana, toujours avec le sourire. « Ce n'est effectivement pas évident, mais il faut le faire et le faire avec le cœur », argue le sous-brigadier.

Faute de moyen suffisant, la police nationale ne peut pas assurer le transport de l'ensemble de ses éléments sur terrain, selon les explications. Beaucoup sont ceux, qui doivent aller à pied rejoindre leur poste. L'agent Tahianarisoa fait, toutefois, partie de ceux qui peuvent bénéficier de transport de troupe en cette période d'exception. étant parmi ceux qui sont mobilisés en renfort des agents sur terrain, « je ne me plaints pas des horaires. C'est mon travail, c'est pour cela que je me suis engagée dans la police », souligne-t-elle.

Mère de famille, Benjamine Tahianarisoa doit, toutefois, faire quelques acrobaties pour que tout soit fin prêt chez elle, avant d'aller au travail. « En cette période de confinement, je suis la seule qui sort de chez moi pour aller travailler. Avant le ramassage à 6 heures ou 6 heures 30, il faut que le menu du jour, les goûters et même le planning des enfants durant la journée soient prêts. La nounou n'a, alors, plus qu'à suivre les instructions », explique-t-elle.

Autant pour les citoyens que les personnes sur le front de la lutte contre le coronavirus, la conjoncture actuelle est difficile. Ces dernières, en particulier, les Forces de défense et de sécurité (FDS), doivent conjuguer autorité et diplomatie. Systématiquement sur le pont en temps normal, qu'en temps de guerre, les polices de la circulation doivent rester, bien qu'à la fatigue s'ajoute la pollution de l'air, les nuisances sonores, l'insalubrité des rues et même les injures et railleries des citoyens.

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