Madagascar: Cybercriminalité - Une journaliste en détention provisoire

Coup de tonnerre. La directrice de publication de Ny Valosoa Vaovao est placée sous mandat de dépôt à la maison centrale d'Antanimora, samedi.

Il s'agit plus précisément de Arphine Rahelisoa qui est épinglée pour la deuxième fois, en plus du procès en justice après le sujet sur le survol de l'hélicoptère sur le stade de Mahamasina durant les préparatifs de la visite du Pape François à Madagascar, en septembre. « Diffamation et incitation en vers le président de la République ». Telles sont les charges d'inculpation qui pèsent sur Arphine Rahelisoa, selon son avocat maitre Willy Razafinjatovo.

« La décision aurait dû être une liberté provisoire au lieu d'un mandat de dépôt. La prévenue est attaquée de nouveau en justice après l'affaire de l'hélicoptère à Mahamasina où elle a été acquittée. Pour l'instant, la date de l'audience n'est pas annoncée. Cela nous paraît incohérent car d'après la note du ministre de la Justice, tous dossiers urgents, les délits ou les flagrants délits devraient être traités », indique le membre du barreau.

« Arp Helisoa MD ». La décision a été connue vers 13 heures. L'information est lâchée sur les réseaux sociaux et a fait l'effet d'une bombe surtout dans le milieu journalistique, bouleversant la majorité des journalistes qui ont assisté leur collègue au Tribunal d'Anosy. Quelques uns n'ont pas pu tenir leurs larmes après avoir appris le sort d'Arphine Rahelisoa. « La liberté de l'expression pour laquelle nous avons lutté depuis longtemps est bafouée », s'insurge Gérard Rakotonirina, président de l'Ordre des journalistes de Madagascar (OJM).

La prévenue est accusée d'avoir publié sur le site web de Ny Valosoa Vaovao des propos diffamatoires après la mise en vigueur de la mesure d'urgence le 22 mars. « La parution du journal est temporairement suspendue alors que l'administration du site à l'extérieur s'est permis de continuer la publication avec des "mots indignes" dont la directrice de publication n'a pas été avisée », explique le maitre Willy Razafinjatovo. Sur quelle base de texte est poursuivie la prévenue dans cette affaire suite aux propos diffamatoires diffusés sur le site web du journal ? Le président de l'Ordre des journalistes de Madagascar, Gérard Rakotonirina d'indiquer qu'Arphine Rahelisoa est réprimée par « la loi sur la cybercriminalité alors que ce texte ne prévoit aucune peine privative de liberté ».

En cette période de confinement, la détention des journalistes est inattendue, selon la plupart des observateurs. Arphine Rahelisoa n'a pas pu rejoindre sa famille après sa convocation à la Brigade criminelle, vendredi. L'instruction au Parquet a été prévue à 9 heures samedi. Les membres de l'OJM conduits par son président Gérard Rakotonirina ainsi que des collègues issues de différentes maisons de presse sont venus au Tribunal d'Anosy pour réconforter la directrice de publication de Ny Valosoa Vaovao.

Plus de: L'Express de Madagascar

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