Afrique: COVID-19 - Et si c'était la revanche de l'ancien bloc de l'Est ?

Dakar — La pandémie de coronavirus a eu comme conséquence le retour de l'Etat-providence et celui, au premier plan, des anciens pays membres du bloc de l'Est, la Chine, la Russie et Cuba, pour endiguer la menace dans le monde en général, en Europe en particulier, devenue l'épicentre de la maladie.

Le 22 mars dernier, l'Italie a assisté au débarquement de médecins cubains arborant le drapeau de leur pays et un portrait géant de leur ancien leader, Fidel Castro sans véritablement broncher, écrit le quotidien français Le Monde dans son édition du 27 mars. Leur arrivée a été applaudie dans la péninsule, qui ne savait plus où donner de la tête, avec ses milliers de morts et de malades sous assistance respiratoire.

En 2020, qui pouvait imaginer un tel débarquement de médecins de l'île caribéenne en plein centre de l'Europe ? Pas beaucoup de monde en tout cas, et surtout pas les penseurs et autres idéologues qui ont fini de croire ou de faire croire que la démocratie pluraliste et l'économie de marché gouvernent le monde depuis la chute du Mur de Berlin au siècle dernier, en 1989 plus précisément.

Aux côtés de Cuba, cette île qui a tenu tête à la toute-puissance des Etats-Unis d'Amérique, la Chine et la Russie ont aussi embarqué leurs médecins, masques et outils de dépistage, pour aller au secours de l'Italie, au nez et à la barbe de l'Union européenne.

Vendredi 27 mars, Le Monde signalait que "la Chine mettait en scène l'envoi de 100.000 masques et 50.000 tests de dépistage à destination de l'Italie, renvoyés après un désastreux épisode de détournement d'une première cargaison en République tchèque".

La Russie s'est elle aussi mise en scène avec son ministère de la Défense, qui diffuse "en continu des images de l'aide apportée à l'Italie depuis l'accord conclu entre Vladimir Poutine et Giuseppe Conte (le président italien), le 21 mars", poursuit le quotidien français.

Au moment où l'Europe est acculée par le nouveau coronavirus (Covid-19), les pays de l'Est apportent "une aide intéressée" et commencent à redessiner la carte du monde post-pandémie, selon des penseurs européens.

"Nous devons être conscients qu'il existe une composante géopolitique, y compris une lutte pour l'influence et la politique de générosité. Armés de faits, nous devons défendre l'Europe contre ses détracteurs", s'insurge Josep Borrell, le chef de la diplomatie européenne, cité par le même journal.

L'aide envoyée en Afrique par le milliardaire chinois Jack Ma, fondateur d'Alibaba, entre dans le cadre de la propagande visant à vendre le modèle chinois écorné, selon des penseurs européens.

Jack Ma a décidé de doter chacun des pays africains de "20.000 kits de diagnostic, de 100.000 masques et de 1.000 combinaisons protectrices".

Le modèle chinois de développement a été dénoncé à ses débuts. La Chine a également été vilipendée lors de l'éruption de la pandémie en novembre dernier, dans la ville de Wuhan, mais la façon dont elle a lutté contre la maladie semble convenir à toute la planète, qui considère comme un bon exemple son mode de confinement des populations.

Un confinement synonyme d'une remise en question des libertés, un confinement considéré comme le remède le plus efficace contre la propagation de la pandémie, même si le coronavirus a fait des milliers de morts en Chine.

En France, à côté "de la guerre" qu'il faut mener et gagner contre le Covid-19, selon la formule de son président, Emmanuel Macron, des intellectuels et penseurs de gauche cités par Le Monde, vendredi 3 avril, estiment que "le modèle actuel, fondé sur la croissance économique et le libre-échange globalisé, s'effondre".

En plus "des interrogations sur la sortie de confinement, se pose déjà la question du bilan de fonctionnement de nos économies et de nos sociétés", écrit le quotidien du soir.

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