Togo: Lutte contre le coronavirus - Le couvre-feu est respecté malgré des dérapages

Depuis le nuit de jeudi (2 avril), le Togo a instauré un couvre-feu pour tenter de ralentir la propagation de la pandémie de coronavirus. Une mesure respectée par la majorité de la population.

Binta ferme le portail de sa maison une heure de temps avant le début du couvre-feu prévu pour commencer à 20h. Mère de famille d'une trentaine d'année, elle habite le quartier populaire d'Avédji Limousine situé au nord de Lomé.

"Dès que je rentre, je ne sors plus. Vers 22 heures, j'étais dans la maison, j'entendais des voix derrière la clôture. Ça veut dire qu'il y avait des gens, qu'il y avait des téméraires qui se baladaient."

Des téméraires

Même si la grande majorité des Togolais respectent le mot d'ordre de couvre-feu, il y a encore des téméraires qui se retrouvent dans les rues.

La plupart de ceux qui circulent à l'heure du couvre-feu sont victimes de bastonnade de la part des éléments des forces de l'ordre.

"Ce n'est pas bien. Je ne crois pas que c'est parce qu'il y a un couvre-feu qu'on doit se permettre de ne pas respecter l'être humain, de poser des actes ignobles sur l'être humain."

Des témoignages et des images insoutenables circulent sur les réseaux sociaux. Dans certains cas, les victimes des violences policières n'étaient même pas dans les rues.

"Ces éléments incontrôlés, ils étaient au nombre de six, sont rentrés dans ce garage. Les apprentis étaient dans des voitures couchés. Ils ont sortis ces apprentis, deux ont pu échapper, les trois autres, ils les ont bastonnés sérieusement."

Dérapages

Claude Amégan, président du collectif des associations contre l'impunité au Togo (Cacit) condamne ces actes de violences perpétrés par les forces de l'ordre sur la population et les appelle à faire preuve de pédagogie.

"Faire l'ordre, ce n'est pas nécessairement bastonner, on peut faire l'ordre en sensibilisant. On peut faire l'ordre en faisant un travail de pédagogie du moins pour les premiers jours. Nous ne comprenons pas comment on peut soumettre des gens à des traitements, cruels et dégradants de la sorte en commençant par frapper les gens parce qu'ils n'ont pas respecté la mesure de couvre-feu", se désole-t-il.

Professionnalisme

Joint au téléphone le ministre togolais de la sécurité, le général Yark Damehane, déplore ces actes et appelle ses éléments à plus de professionnalisme. Il promet de mettre tout en œuvre pour faire cesser les violences policières et aucun cas de violence sur un quelconque citoyen ne restera impuni.

Et le ministre Togolais insiste aussi pour le respect du couvre-feu, déplorant le non-respect des consignes parfois observés. Sachez aussi que vous pouvez signaler les dérapages de la Police par téléphone via le 1014, un numéro vert mis en place par le ministère de la sécurité.

Plus de: DW

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