Afrique: Pr Mamadou Diouf de l'université de columbia sur la polémique autour des vaccins-tests de COVID-19 en Afrique - «Que nos dirigeants n'acceptent pas ça et qu'ils fassent le travail de police»

Ce n'est pas la première fois que l'Afrique a constitué, pour l'Occident, de laboratoire d'essai pour certains vaccins ou autres produits nocifs.

Prenant l'exemple des déchets nucléaires, le Professeur d'histoire à l'université de Columbia, Mamadou Diouf s'offusque que les élites africaines acceptent que les vaccins soient testés en Afrique. L'invité de l'émission Objection de la radio Sud Fm d'hier, dimanche 5 avril, demande aux Africains de rester vigilants et de pousser leurs autorités à faire un travail de police.

La polémique suscitée autour de la volonté des Occidentaux de tester le vaccin contre le Coronavirus en Afrique ou encore de diminuer la population mondiale en commençant par l'Afrique, ainsi qu'évoqué par le président Poutine, serait à prendre très au sérieux. Ou du moins, le fait de prendre l'Afrique comme le laboratoire de certains vaccins ou autres produits très nocifs n'est pas nouveau.

Invité à l'émission Objection de la radio privée Sud Fm du dimanche 5 avril, le Professeur d'histoire à l'Université de Columbia, aux Etats unis, s'est offusqué du fait que des élites africaines acceptent que les vaccins soient testés en Afrique. Convaincu qu'il est impossible de tester un vaccin dans un pays sans l'accord des autorités du pays, Mamadou Diouf pense que c'est aux Africains de rester vigilants.

Pour lui, «la question pour nous Africains, c'est de faire en sorte que nos dirigeants n'acceptent pas ça et qu'ils fassent le travail de police, qu'ils fassent le travail institutionnel pour que cela ne passe pas en Afrique et que si cela se passe en Afrique, que ça se passe dans les conditions qui sont acceptées par les Africains». Citant la question des déchets nucléaires, il a rappelé qu'il y a des Etats africains qui ont accepté des traités et qu'il y a des élites qui se font payer pour cela. Donc, pour lui, la solution reste pour les Africains de surveiller leurs autorités.

Le professeur d'histoire à l'Université de Columbia est par ailleurs choqué de la communication entretenue par certains autour de l'Afrique et des effets de cette crise du Covid-19 sur le continent. Faisant la comparaison entre la situation du Covid-19 en Afrique et dans le reste du monde, notamment en Chine, Italie, France et aux Etats unis où elle est plus «désastreuse», il se demandera «pourquoi continue-t-on à ne parler que de l'Afrique et de la crise en Afrique alors qu'elle n'est pas encore là ?».

Mieux, le Professeur Diouf estime que l'Afrique a une «grande culture de gestion des épidémies», citant ainsi au passage «celle d'Ebola dans des conditions qui sont beaucoup plus dures, avec des déficits de ressources humaines, d'infrastructures, d'équipements, de produits sanitaires même d'eau potable». Par conséquent, il pense que c'est aux communicants de prendre leur responsabilité.

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