Madagascar: Récession - Le secteur privé en conclave

L'économie risque de tomber malade et un plan de mitigation en discussion ce jour entre le secteur privé et l'État est attendu pour esquisser la relance pour chaque secteur d'activités.

Rapprochement. Tous les secteurs de l'économie se retrouvent au bord de la crise en raison des difficultés de trésorerie subies par les entreprises à cause de la propagation du coronavirus dans le monde. Aujourd'hui, les représentants de tout groupement économique existant à Madagascar sont réunis à l'Hôtel Ibis Ankorondrano pour préparer des ripostes sectorielles face au déséquilibre sur le marché interne et international impactant la production et l'employabilité.

Lors de la présentation du baromètre de l'industrialisation à Madagascar au mois de mars qui a dressé un état positif de la situation industrielle avant la crise liée au coronavirus, la ministre en charge de l'Industrie, du commerce et de l'artisanat, Lantosoa Rakotomalala a déjà évoqué l'urgence d'un « dialogue public privé pour préparer la relance économique ».

Interrogée hier, sur la concrétisation de ce dialogue, la ministre parle « des mesures d'accompagnement aux entreprises et des décisions prises par l'État pour sécuriser les emplois et faire marcher les infrastructures de productions à l'instar de la rentrée au travail des employés des entreprises franches vis-à-vis desquelles l'État rachète les productions de cache bouche ». Lantosoa Rakotomalala fait état de « cinq entreprises franches concernées par le sauvetage », et table sur l'appui à donner aux secteurs bien portants catalyseurs de recettes pour l'État comme ceux liés aux plantes médicinales et aux huiles essentielles.

Dialogue inévitable

« La demande mondiale en ravintsara de Madagascar est en hausse, mais il faut prévoir un stock pour notre pays car le ravintsara par exemple est à utiliser en prévention de la propagation du coronavirus, ne serait-ce qu'en déversant sur les caches-bouche quelques gouttes d'huiles essentielles de ravintsara et l'équilibre à trouver entre les intérêts de l'État et ceux des opérateurs économiques nécessite une planification rapide » Concernant la rencontre à huis clos entre l'État et le secteur privé, Heriniaina Ramboatiana, vice-président du Symabio ou Syndicat malgache de l'agriculture biologique, « tous les secteurs de l'économie sont liés et interconnectés car s'agissant de la production agricole locale, la norme bio est très recherchée sur le marché international d'où la nécessité d'une concertation ».

De son côté, David Ralambofiringa, directeur de cabinet au ministère de l'Industrie, a tenu à expliquer, « la présentation d'un document dans les prochains jours à l'issue de la rencontre restreinte avec les représentants de chacun des groupements économiques d'une trentaine de nombre ». Toujours selon David Ralambofiringa, « pour chaque secteur, on va discuter des impacts du coronavirus, du plan de sauvegarde correspondant et du plan de relance à adopter ».

Parmi les convoqués à la réunion de ce jour, le président du GEHEM ou Groupement des Exportateurs d'Huiles Essentielles, Olivier Nirina Rakotoson propose « la priorisation de la production locale en cette chute de la dépendance vis-à-vis de l'extérieur car l'occasion est venue pour attendre de l'État des mesures efficaces d'assainissement et de promotion des investissements locaux étant donné que les producteurs s'acquittent de lourdes charges dans la relance d'une activité donnée ». Les opérateurs économiques s'accordent à dire que les impacts du coronavirus se feront encore ressentir dans les années qui suivent justifiant la nécessité d'une exonération fiscale de toutes les activités pour cette année. Pendant deux années jusqu'en 2012, l'État s'est déjà abstenu de prélever des charges fiscales, ayant permis au secteur productif de reprendre du souffle.

Plus de: L'Express de Madagascar

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