Cameroun: Campo - La ville veille sur son immunité

Aucun cas de Covid-19 n'a été détecté jusqu'à présent dans la ville frontalière. Aussi, filtre-t-elle soigneusement les visiteurs.

Nous sommes à Campo-Beach. Nous marchons alors sur les derniers mètres carrés du territoire camerounais. A trois cents mètres en face, c'est la Guinée équatoriale. L'embouchure du fleuve Ntem sépare les deux Etats. Sur chaque rive du fleuve, un grand marché a été créé. Mais ce 31 mars 2020, rien ne laisse croire aux visiteurs que ces sites ont souvent connu des foules. Côté camerounais, seuls les chants d'oiseaux et les bruits des vagues se font entendre. Campo-Beach vit alors le confinement dû au Covid-19.

Ici à la frontière, le mardi est réputé jour de grand marché. Ce 31 mars, tout est fermé. Chrestien Bessekou, fils du village, est l'unique personne à ouvrir sa boutique, au milieu d'une dizaine. A l'entrée de celle-ci, il a placé un seau à robinet et du savon. « Cette maladie n'épargne personne. Il faut que nous respections les consignes », dit-il. A Campo-Beach, le visiteur fait une remarque : tous les services ont, soit des seaux à robinet ou des flacons de gel hydro alcoolique. Les forces de défense montrent l'exemple. Au 11e Bataillon des fusiliers marins (BAFUMAR) et à l'unité du Bataillon d'intervention rapide (BIR), nul n'entre s'il n'est testé au coronavirus. Les populations de Campo sont conscientes de l'existence du Covid-19 et de ses ravages.

Les autorités administratives et municipales, associées au personnel médical de la ville, ont organisé des campagnes de sensibilisation. Le sous-préfet, le maire et le médecin chef font le porte-à-porte pour expliquer à tout un chacun les raisons du confinement et les mesures d'hygiène à respecter quand bien même on est chez soi. La commune a distribué une quinzaine de seaux à robinet d'une contenance de 100 litres chacun et quelques flacons de gel hydro alcoolique. A l'hôpital, une salle d'isolement prête à accueillir des cas qui seront testés positifs au Covid-19, a été préparée.

« Nous sommes dans une zone enclavée. Et nous demandons aux populations de respecter rigoureusement les consignes données par le gouvernement », déclare le maire de Campo, Robert Olivier Ipoua. Campo, ville frontalière à 75 km de Kribi, ne veut plus recevoir les gens venus d'ailleurs. Il faut être sain de corps et même d'esprit pour y accéder. Une barrière pour contrôler tout passant est érigée à l'entrée de la ville. N'ayant pas de thermoflash, le personnel médical se sert de ses connaissances cliniques et autres astuces pour filtrer les passagers.

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