Congo-Kinshasa: COVID-19 - Des ONG saluent la mesure de la fourniture gratuite de l'énergie électrique aux ménages

Cette mesure ne pourrait cependant bénéficier, et ce de manière intermittente, qu'à une minorité de moins de 10% de la population qui a accès à l'énergie électrique.

Près d'une trentaine d'organisations de la Société civile ont salué l'initiative du président de la République démocratique du Congo (RDC), de la fourniture gratuite de l'énergie électrique aux ménages du pays en cette période de Covid-19.

Dans un mémo adressé le 4 avril aux autorités , ces organisations ont également profité de cette occasion pour exprimer au Chef de l'Etat et au gouvernement congolais, leurs inquiétudes et préoccupations face au déficit d'accès à l'électricité dans le pays qui pourrait avoir un impact négatif sur la qualité de soins dans les hôpitaux en cette période de pandémie, et sur la mise en œuvre des mesures préventives de confinement des populations, particulièrement des enfants et des jeunes dans les quartiers populaires du pays. Les signataires de ce mémo ont relevé que la mesure de gratuité prise par Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo ne pourrait bénéficier, et ce de manière intermittente, qu'à moins de 10% de la population ayant accès à l'énergie dans le pays.

Pour les organisations signataires, d'une part les treize mesures prises par le président Tshisekedi pour stopper la propagation du Covid-19 ne pourront être efficaces et faciliter le confinement des filles et fils du pays que si l'énergie électrique est fournie régulièrement et, d'autre part, si les hôpitaux disposent en permanence de l'énergie électrique qui reste indispensable pour assurer les soins intensifs des personnes infectées.

Une remise en question

Ces organisations considèrent le Covid-19 comme un appel pressant de remise en question de la politique énergétique et de la promotion du développement de projets qui devraient assurer prioritairement une couverture nationale au lieu d'investir dans les mégaprojets comme Inga 3, dont la majeur partie de l'énergie sera orientée vers la consommation extérieure et ce, en contraste avec l'urgence des besoins internes.

« La semaine du 16 mars 2020, plusieurs médias nationaux et internationaux ont relayé une information faisant état de l'organisation par le Président Félix Tshisekedi, d'une conférence internationale au mois d'avril dans le but de mobiliser les pays de la région autour du projet Inga 3. Les organisations signataires du mémo notent que même si cette conférence devrait être reportée vu l'évolution du Covid-19, sa matérialisation future pourrait être perçue comme un forcing du gouvernement à avancer avec le projet Inga 3, sans répondre préalablement à ses préoccupations sur le projet », indiquent ces ONG dans leur mémo.

Les 28 organisations signataires se disent par ailleurs disposées à contribuer à l'élaboration de la politique énergétique du président de la République par des propositions et des stratégies efficaces pouvant permettre de résorber le déficit énergétique interne grâce un dialogue constructif avec les autorités. « Un dialogue constructif avec la Présidence et le Gouvernement, devra permettre durant le reste de votre quinquennat en cours, de répondre à l'exigence constitutionnel de l'article 48 qui garantit le droit d'accès à l'électricité et de s'assurer que la vision énergétique du Président ne soit pas en contradiction avec les articles 566 et 587 de la Constitution qui garantissent le droit au développement à tous les Congolais, notamment par la jouissance des richesses nationales du pays », ont-elles écrit.

La Société civile dont la Coalition d'ONG pour le suivi des réformes et de l'action publique (Corap) s'oppose au projet Inga 3 dans son ensemble à qui elle reproche de ne pas tenir compte de ses préoccupations liées notamment à l'accès de la population à l'énergie électrique qui sera produite sur le site, l'indemnisation des populations locales impactées par la construction de la centrale, le prix qui constituera une charge supplémentaire pour le pays, etc. Dans une étude publiée au mois de mars 2020, la Corap a conseillé aux gouvernements, la réhabilitation des centrales abandonnées à travers le pays. Elle en a dénombrés 63 dont Zongo 1 et Sanga.

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