Cameroun: Zones rurales - L'air de rien

Dans les villages, on essaie tant bien que mal de respecter les mesures de restriction instruites par le gouvernement.

Samedi 3 avril, à Etoa, un village dans l'arrondissement de Yaoundé 3e. Il est 7h quand dame Yossa et ses enfants chargent leurs hottes de houes et autres vivres, pour se rendre au champs. C'est ainsi tous les jours, puisqu'elle est cultivatrice. Ses enfants eux, peuvent l'aider car les cours en salles de classe ont été suspendus, le temps de trouver une solution liée à la pandémie du coronavirus. Dame Yossa est donc bien informée de la situation.

Pour elle, il est inutile de paniquer et de mettre en suspend ses travaux. Tous les matins, elle concocte des écorces d'un arbre particulier qu'elle fait boire à toute sa famille. « Ça s'appelle l'Ekouk. C'est un antipaludéen. Les symptômes de cette maladie ressemblent à ceux du paludisme. Pour prévenir la maladie, tout le monde a droit à un verre chaque matin », confie-t-elle. En effet, selon l'explication des anciens de ce village, l'Ekouk, est un arbre de la forêt dont l'écorce est très amère. Il est beaucoup utilisé par les villageois pour soigner le paludisme. D'autres le qualifie même de chloroquine naturelle. A un jet de pierre de la maison de Dame Yossa, réside Arlette Mfou.

Cette dernière travaille en ville, mais a choisi de résider en zone rurale. Depuis l'annonce des mesures de restriction, toutes les précautions ont été prises. Devant son portail, il est clairement indiqué sur une affiche, « Pas de visites inutiles ». Un message qui fait rire plus d'un mais qui est respecté. Dame Mfou est même allée plus loin en hébergeant ses employés de maison ainsi que leurs familles. « Je n'ai pas eu le choix. Parce que quand ils sortent, on ne sait pas où ils vont. Ils peuvent revenir avec cette maladie. Je préfère que nous restions tous confinés ici. Ça évite le risque de propagation de la maladie », explique-t-elle Le climat est tout autre chez certains natifs de la localité.

Même si les petites buvettes respectent le couvre-feu de 18h, les villageois restent quand même sous les vérandas avec leurs bouteilles de bière qu'ils accompagnent d'un poisson à la braise. « On a dit qu'on ferme les bars. Est-ce qu'on a interdit de braiser du poisson », répond M. Mballa, commerçante. Plusieurs petits commerces qui regroupent des gens se sont développés dans le coin depuis peu. Entre autres la vente des beignets, bouillie et haricot dans la nuit. Les réunions en comité n'ont pas cessé. Au contraire, c'est autour de ces buvettes et de ces « tournedos » que sont pris les rendez-vous. Pour les jeunes, le rendez-vous du 2-0 (match de football) est respecté tous les dimanches. La vie suit son cours normal.

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