Congo-Brazzaville: Prison centrale de Makala - La FBCP dénonce la suspension des visites

Pour cette ONG, cette décision exposerait encore davantage la vie des pensionnaires de cette institution carcérale dont certains ne vivent que de la nourriture venant de l'extérieur.

Dans une alerte lancée le 4 avril, la Fondation Bill Clinton pour la paix (FBCP) a dénoncé la suspension, par le vice-premier ministre et ministre de la Justice, par l'entremise du directeur de la prison centrale de Makala, à Kinshasa, de toutes les visites aux détenus. « Le gouvernement congolais ne dispose pas des moyens matériels et financiers pour nourrir et soigner les prisonniers sans les visites de leurs familles, amis, connaissances, ONGD, églises, etc. », a indiqué cette organisation.

Pour cette ONG de défense des droits de l'homme, derrière cette décision motivée par le souci d'éviter la contamination au covid-19, la direction de la prison voudrait avoir une emprise absolue sur la nourriture de tous les détenus et sur ces derniers. Car, fait-elle remarquer, plusieurs d'entre ces détenus ne consomment pas les repas de la prison, qui est un mélange d'haricots et de maïs mal préparé offert vers 19 heures, pour de nombreuses raisons dont la crainte d'empoisonnement, la mauvaise qualité de la nourriture fournie ainsi que le fait que certains vivent sous des régimes alimentaires particuliers.

La FBCP note que ces détenus qui vivent grâce leurs familles seront de ce fait exposés à la sous-alimentation et aux autres dangers, étant donné que l'Etat ne dispose pas des moyens pour assurer et varier leur alimentation. « Nous rappelons que quelle que soit la situation, la loi et le règlement de la prison voire la Déclaration universelle de droit de l'homme interdisent la suspension de la visite à un prisonnier. Nous en appelons à l'attention du chef de l'Etat, de ne pas tomber dans ce piège de ses alliés », a indiqué cette ONG, qui dit craindre que cette décision provoque des émeutes dans cette maison carcérale.

La FBCP profite également de cette situation pour dénoncer le régime instauré au sein de cette prison. Pour l'organisation, la prison centrale de Makala est une prison civile. De ce fait, elle ne pourrait pas être gérée par un militaire et tous les services de sécurité qui y font la loi. « M. le président, la prison centrale de Makala est une prison civile qui n'a pas des raisons d'être gérée par un militaire avec toute sa suite y compris l'Agence nationale de renseignements, la sécurité militaire, le BU2, la police militaire, etc. », a indiqué la FBCP dans cette interpellation du Chef de l'Etat de qui l'ONG attend l'intervention personnelle afin de changer les choses positivement.

Pour la FBCP, la prévention contre le covid-19 passe plutôt par la diminution du nombre des pensionnaires de cette institution carcérale et non par la suspension de visites qui font plus de bien que demal.

Notant que le transfèrement de dix-neuf détenus supplémentaires, le 4 avril, pour la prison centrale de Makala était contradictoire avec la volonté de désengorger cette maison carcérale édictée dans le cadre de la riposte au covid-19, la FBCP conseille d'éviter certaines mesures jugées par elle d'impopulaires pour prévenir le pire.

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