Maroc: Les ONG montent au créneau contre les propos racistes tenus sur LCI

Plusieurs organisations nongouvernementales marocaines, africaines et internationales ont dénoncé des propos racistes de Jean-Paul Mira, chercheur de l'Institut français de la recherche médicale (Inserm), et de Camille Locht, chef de service d'un hôpital parisien sur la télévision française LCI, dans lesquels ils s'interrogeaient sur l'opportunité de tester un vaccin en Afrique contre le coronavirus.

« Les organisations arabes, africaines et internationales signataires de ce communiqué dénoncent ces propos offensants et racistes », tout en appelant Jean-Paul Mira, Camille Locht, ainsi que la chaîne de télévision LCI à présenter officiellement des excuses. Elles ont également appelé le Conseil supérieur de l'audiovisuel français à « intervenir pour mettre fin à ces dérapages et à ces propos racistes qui n'ont rien à voir avec les valeurs et les conventions internationales des droits de l'Homme qui prônent le respect de la dignité de l'homme quelle que soit son origine, sa religion ou sa couleur et qui rejettent le racisme, la haine et la discrimination », a souligné un communiqué commun parvenu à Libé.

Les signataires de ce communiqué sont l'OMDH (Maroc), l'Observatoire marocain de l'action parlementaire, le Conseil araboafricain du développement soutenu (Tunisie), la Ligue tunisienne des droits de l'Homme, le Réseau international de jeunes dirigeants (Tunisie), le Centre d'Amman pour les droits de l'Homme (Jordanie), l'Association libyenne « The Libyan Wildlife Trust », l'Association Maroc des amis de l'environnement, l'Association tunisienne du travail et de l'investissement, l'Union des étudiants africains (Tunisie, Sénégal et Côte d'Ivoire),et l'Organisation libyenne « Jurists without chains ». Pour rappel, Jean-Paul Mira avait posé lors d'une émission sur LCI mercredi dernier la question suivante à Camille Locht : « Si je peux être provocateur, est-ce qu'on ne devrait pas faire cette étude en Afrique, où il n'y a pas de masques, pas de traitement, pas de réanimation, un peu comme c'est fait d'ailleurs sur certaines études avec le sida, ou chez les prostituées : on essaie des choses parce qu'on sait qu'elles sont hautement exposées. Qu'est-ce que vous en pensez? » .Et le chercheur de répondre : « Vous avez raison, d'ailleurs. On est en train de réfléchir en parallèle à une étude en Afrique avec le même type d'approche, ça n'empêche pas qu'on puisse réfléchir en parallèle à une étude en Europe et en Australie ». « Ce genre de propos racistes ne font rien avancer. Ils vont contre l'esprit de solidarité. L'Afrique ne peut pas et ne sera un terrain d'essai pour aucun vaccin », a affirmé Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur de l'OMS et ancien chef de la diplomatie éthiopienne, au cours d'une conférence de presse virtuelle depuis Genève tenue lundi 6 avril. Et d'ajouter : « L'héritage de la mentalité coloniale doit prendre fin ».

L'OMS s'insurge contre les propos des chercheurs français

Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, s'est insurgé, lundi à Genève en Suisse, contre les "propos racistes" des chercheurs français ayant évoqué des tests médicaux d'un vaccin potentiel contre le Covid-19 en Afrique. «Ce genre de propos racistes ne font rien avancer. Ils vont contre l'esprit de solidarité. L'Afrique ne peut pas et ne sera un terrain d'essai pour aucun vaccin», a-t-il déclaré, au cours d'une conférence de presse virtuelle, rapporte l'agence MAP. Selon lui, les propos tenus sur une chaîne française par un chercheur de l'Inserm et un chef de service de l'hôpital Cochin à Paris, qui s'interrogeaient sur l'opportunité de tester un vaccin en Afrique dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, avaient suscité une vague d'indignations dans le monde. «L'héritage de la mentalité coloniale doit prendre fin», a-t-il souligné.

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