Sénégal: Non-respect des droits humains au pays - La mauvaise note d'amnesty international à Macky Sall

Selon Amnesty International, les autorités sénégalaises, le Sénégal continue de «réprimer les droits à la liberté d'expression et de réunion pacifique». Dans son Rapport annuel Afrique 2019, elle dénote des arrestations d'activistes, des interdictions de marches pacifiques et de «mauvaises» conditions de détention, avec parfois des décès enregistrés au cours du second mandat du président Macky Sall.

Amnesty International dresse un bilan négatif concernant le respect des droits de l'homme en 2019, sous le régime du président Macky Sall. Dans le Rapport annuel Afrique 2019 à paraître ce mercredi et dont nous avons reçu une copie, l'organisation internationale de défense des droits de l'homme a listé des arrestations, des interdictions de marches pacifiques, l'impunité mais également des mauvaises conditions de détention «favorisant la restriction des droits humains».

Concernant la restriction de la liberté d'expression, Amnesty International en veut pour preuve les arrestations du rappeur et militant Abdou Karim Guèye, de l'activiste Guy Marius Sagna, du journaliste Adama Gaye mais aussi du défenseur de l'environnement incarcéré à la prison de Kédougou au mois de novembre dernier. «Les autorités ont continué de restreindre abusivement le droit à la liberté d'expression en poursuivant et plaçant en détention les personnes qui exprimaient des opinions dissidentes», lit-on dans le document.

Sur la liberté de réunion, Amnesty International déplore l'interdiction de manifestation des partis de l'opposition du 14 juin dernier pour dénoncer des «pratiques de corruption présumées impliquant le maire de Guédiawaye», l'arrestation de Guy Marius Sagna, du professeur Babacar Diop et de sept autres militants lors d'une «marche pacifique». «La législation en vigueur continuait de limiter le droit à la liberté de réunion pacifique. L'arrêté de 2011 proscrivant tout rassemblement dans les zones du centre-ville de Dakar imposait toujours une interdiction totale des manifestations pacifiques. Amnesty International a été déboutée du recours qu'elle avait formé contre ce décret devant la Cour suprême», explique Amnesty International.

Le Sénégal est également pointé du doigt en ce qui concerne les conditions carcérales et les cas de morts en détention. Les morts de Louis Dieng en détention provisoire à la prison de Mbour en février, Serigne Fallou Ka décédée à la Maison d'arrêt et de correction de Diourbel et de Babacar Mané et de Cheikh Ndiaye à la prison de Rebeuss à la suite d'un «dysfonctionnement d'un ventilateur» ont été regrettés. «Les conditions sanitaires dans les établissements pénitentiaires demeuraient déplorables, et la surpopulation carcérale persistait», lit-on dans le document.

A propos des droits des enfants, Amnesty International est revenue sur la «mort d'un garçon de 12 ans des suites de coups reçus de son maître coranique, le 6 avril 2019», mais aussi sur l'enchainement de cinq garçons dans une école coranique. «En dépit d'un solide cadre législatif national prohibant les mauvais traitements infligés aux enfants, le Sénégal n'a pas mis en place de système coordonné de prise en charge visant à protéger de l'exploitation et des sévices les enfants contraints à la mendicité», dénonce Amnesty International.

Plus de: Sud Quotidien

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