Sénégal: Alerte à la bombe de la transmission communautaire du COVID-19 au pays - Les acteurs de la riposte mettent en demeure les populations

14 cas de Covid-19 issus de la transmission communautaire ont été dénombrés au Sénégal depuis la déclaration de la maladie dans le pays, le 02 mars dernier.

Une situation qui préoccupe les acteurs de la riposte sanitaire, à l'instar du Comité de gestion de l'épidémie piloté par la directrice générale de la santé publique, le docteur Marie Khemess Ngom Ndiaye qui appelle à l'adhésion de la population dans le respect des règles édictées par le gouvernement pour lutter contre le coronavirus et par la même occasion stopper la transmission communautaire.

L 'alerte est lancée depuis plus de deux semaines pour stopper la transmission communautaire du coronavirus qui s'est déclarée pour la première fois au Sénégal, le 21 mars dernier, avec trois 03 cas diagnostiqués.

Habitué en effet depuis le début de l'épidémie dans le pays, le 02 mars dernier, à avoir des cas importés, le Sénégal fait ainsi face à un nouveau mode de transmission. Selon le docteur Abdoulaye Bousso, directeur du Centre des opérations d'urgences sanitaires : « c'est une transmission où on ne parvient pas à déterminer l'index. C'est-à-dire où la personne a pu attraper la maladie».

Dans une situation d'incertitude, les acteurs de la riposte qui avaient fait une prévision sur la disparition des cas importés après le 6 avril, avaient également diagnostiqué l'augmentation des cas de transmissions communautaires si la population ne prend pas conscience de la mauvaise posture de la maladie. « 4% peuvent sembler peu, mais ils peuvent être une bombe si on ne parvient pas à les maitriser où si ça flambe », avait déclaré le docteur Bousso s'agissant de la transmission communautaire, lors d'un des points de presse quotidiens sur la situation mensuelle de la lutte contre le coronavirus. Aujourd'hui, après 48h d'enregistrements de personnes victimes de coronavirus, le cas importés semblent disparaitre cédant ainsi la place à la transmission communautaire.

Des Mesures pour Stopper la transmission communautaire

Le phénomène de la transmission communautaire risque ainsi de s'accentuer dans les jours à venir. Selon les acteurs de la réponse, beaucoup de Sénégalais n'a pas encore pris conscience de la gravité de l'urgence et les règles de conduites mises en place par le gouvernement sont des fois bafouées. Selon la directrice générale de la santé publique, docteur Marie Khemess Ngom Ndiaye : «pour la transmission communautaire, on a des problèmes pour retrouver le cas index et ce qu'il faut faire, c'est d'aller les chercher dans la communauté». Elle s'exprimait hier, mardi, en marge de la réunion de la Pharmacie nationale sur l'encadrement de la chloroquine dans le traitement du coronavirus. Selon docteur Marie Khemess, pour lutter contre ce phénomène, il faudrait éviter à tout prix les manifestations publiques. « Aujourd'hui, les écoles et universités sont fermées, des rassemblements interdits, mais nous aimerions que la population adhère, maintenant la balle est dans leur camp pour nous aider à stopper cette mode de propagation de la maladie».

Le ministère de la Santé et de l'action sociale a pour sa part mis l'accent sur les Comités de gestion au niveau régional. Selon le directeur général de la santé, ces comités régionaux existent naturellement même quand il n'y a pas d'épidémie. « Ces structures ont commencé à accentuer le travail et dans la plupart des régions, c'est au delà même de la note du ministère de la Santé. Les gouverneurs prennent des arrêtés et vous avez vu ce qui s'est passé à Saint-Louis, le gouverneur a pu gérer l'ensemble de nos concitoyens qui venaient par la route et ces derniers sont sortis aujourd'hui, après les 14 jours d'incubation », a-t-elle fait savoir.

Pour le directeur du Service national de l'éducation et de l'information pour la santé (Sneps) et Président de la commission de communication du Centre national de la gestion des épidémies (Cnge), Dr Ousmane Guèye, il y a un plan de contingence qui prend en compte tous les scénarios. « Le Cnge a mis en place un plan stratégique et aujourd'hui, nous sommes dans un plan de contingence qui a pris en charge tous les aspects de l'épidémie. Que ça soit la prise en charge d'un cas contact, la prise en charge de cas positifs et aussi dans le cas d'une transmission communautaire ».

Pour la chargée de la communication du Centre des opérations d'urgences sanitaires (Cous), les comités régionaux présidés par les gouverneurs et ceux départementaux ont mis en place des stratégies qui sont en adéquation avec la réalité de chaque région, dans le but de stopper la transmission communautaire. « La lutte est aussi prise en compte par les Comités régionaux de gestion des épidémies, à la tête desquelles il y a les gouverneurs et tous les autres services représentés dans l'espace géographique de la région. Mis à part ces Comités régionaux de gestion des épidémies, il y a aussi des comités départementaux et au niveau de ces comités, il y a des stratégies qui sont mises en place dans les régions. Ces comités ont une connaissance avérée sur les vulnérabilités de ces régions et ils font leur plan tout en exploitant les personnes ressources pour atteindre leurs objectifs » a déclaré Binta Bocoum.

Et de poursuivre : « les districts sont en train de travailler afin de mettre en place une stratégie pour renforcer la sensibilisation de la population et de prendre la population comme acteur de surveillance communautaire. Dans les districts, il y a également les comités de veille et d'alerte intégrés qui sont aussi des acteurs de la surveillance communautaire et ils entreprennent des activités communautaires dans leurs quartiers, en accord avec leur district pour aussi appuyer les autres divisions dans la surveillance communautaire».

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