Congo-Brazzaville: COVID-19 - L'Asadho plaide pour la libération d'Eddy Kapend et ses compagnons

Pour l'association, cette énième sollicitation est motivée par la volonté du désengorgement des prisons recommandé dans le cadre des mesures de riposte à la pandémie.

L'Association africaine de défense des droits de l'homme (Asadho) a, pour une énième fois, appelé le chef de l'Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, à libérer les personnes condamnées dans l'assassinat de l'ancien président de la République, Laurent-Désiré Kabila. « Il a le pouvoir aux termes de l'article 87 de la Constitution de leur accorder la grâce présidentielle », a noté le président de cette ONG, Me Jean-Claude Katende, dans ses pages d'opinions libres signées le 7 avril 2020.

Ce juriste, qui rappelle, en effet, que son association et d'autres ONG ont écrit et fait des marches pacifiques « pour attirer l'attention et/ou susciter la volonté du président de la République d'agir dans ce sens », note que tout le monde plaide aujourd'hui à cause du danger que représente le coronavirus dans le milieu carcéral, que certains prisonniers soient libérés. « L'opportunité est là pour que le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo se penche sur ce dossier et libère Eddy Kapend et ses amis », indique Jean-Claude Katende.

Des corps affaiblis par 20 ans de prison !

Le président de l'Asadho a indiqué que les condamnés dans l'assassinat de Laurent-Désiré Kabila ont totalisé 20 ans d'emprisonnement. Avec notre régime carcéral qui manque de dignité et d'humanisme, a fait savoir Jean-Claude Katende, leurs corps sont affaiblis et vulnérables au coronavirus que tous les autres prisonniers. Le juriste note également que ces personnes avaient été condamnées à la suite d'un procès expéditif qui n'était ni juste ni équitable. « Un procès dont personne ne peut être fier », a-t-il fait savoir.

Jean-Claude Katende rappelle également qu'Eddy Kapend et ses amis sont bénéficiaires de plusieurs lois d'amnistie dont ils ont été exclus pour des raisons jamais expliquées de manière juste et impartiale alors qu'ils sont aussi bénéficiaires d'une recommandation de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples exigeant leur libération et la réorganisation d'un procès. A l'en croire, la République démocratique du Congo (RDC) n'a jamais voulu mettre en œuvre cette recommandation.

Pour le président de l'Asadho, après vingt ans de détention, ces personnes auraient suffisamment payé et méritent le pardon de la République. Appelant le président de la République à agir, Jean-Claude Katende a soutenu que si Eddy Kapend et ses amis mourraient en prison à cause du coronavirus, personne ne pourra comprendre l'inaction du chef de l'Etat ni la justifier. « J'en appelle au grand cœur du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo que beaucoup de Congolais reconnaissent pour libérer ces compatriotes qui ont déjà trop payé », a-t-il écrit. Je crois, a continué le juriste, que maintenant, c'est le temps d'oser comme l'a fait le président du Niger, Mahamadou Issoufou, qui a libéré son farouche opposant, Hama Amadou, le 30 mars dernier, pour lui éviter la contamination à coronavirus en prison. « Par cet acte, il a marqué son temps et les esprits. Oui, vous pouvez oser », a-t-il insisté.

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