Cameroun: Le parti de Biya s'octroie les régions anglophones

Au Cameroun, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) a gagné les élections partielles du 22 mars dernier. Mais comment le parti de Paul Biya a-t-il pu gagner dans des zones anglophones ?

De l'avis de plusieurs experts, la victoire attribuée au parti au pouvoir est le reflet du boycott du scrutin par le principal parti de l'opposition, le MRC de Maurice Kamto.

Le fait également que les autres partis de l'opposition n'ont pas pu faire campagne dans les régions anglophones, où le conflit entre les indépendantistes et l'armée a fait plus de 3.000 morts en trois ans, explique cette victoire du RDPC, selon l'International Crisis Group (ICG).

Pour Brice Nitcheu, l'un des leaders de la Brigade anti-sardinards opposée au régime de Paul Biya "les résultats dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest sont un véritable scandale. Parce que nous savons très bien que les populations ont une aversion pour le régime."

Selon l'activiste camerounais "il n'y a pas eu d'élections en régions anglophones parce que c'est une région qui est en guerre civile. Il n'y a pas eu de campagne électorale. Donc comment le régime Biya peut expliquer à la communauté internationale les résultats qu'il prétend avoir obtenus alors qu'il y a pas eu d'élection du tout ?".

Un avis que partage Louis Magloire Keumayou, journaliste et président du Club de l'information africaine. Celui-ci estime que "le pouvoir aurait fait voter des militaires et des fonctionnaires afin de s'attribuer la victoire."

Il ajoute que " le parti au pouvoir a probablement fait voter une minorité de gens qui sont représentatifs des régions. Mais on ne peut pas dire que c'est l'expression populaire sur place. Faire voter les militaires, les fonctionnaires, c'est une chose. Mais faire voter les populations, c'est une autre chose. On n'élit pas les représentants des autorités."

Le SDF accepte le verdict du Conseil constitutionnel mais.....

Le principal challenger du RDPC, le Social democratic front (SDF), estime pour sa part que le jeu démocratique n'a pas été respecté lors des élections partielles.

"Nous respectons la décision du Conseil constitutionnel. Nous pensons que la vie d'un parti politique ne se résume pas autour d'une élection. Nous allons continuer à nous battre pour représenter les intérêts de toutes ces populations qui sont spoliées de leur droit de voter", a déclaré à DW, Joshua Osih, vice-président du SDF.

Avec 152 sièges sur 180, le parti de Paul Biya, qui gouverne le Cameroun depuis 37 ans, conforte son écrasante majorité à l'Assemblée nationale. Ce résultat assure une présence encore plus importante à la chambre basse du parlement qu'aux législatives de 2013, quand le RDPC avait obtenu 148 députés.

Plus de: DW

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