Burkina Faso: Couvre-feu à Kaya - Les forces de l'ordre veillent au grain

Depuis le 21 mars dernier, un couvre-feu a été instauré sur toute l'étendue du territoire national pour lutter contre le COVID-19. Dans la nuit du 6 au 7 avril 2020, Sidwaya a suivi une équipe de patrouille de la Police nationale de Kaya pour constater l'effectivité de cette mesure.

Il est 19h 56mn, ce lundi 6 avril 2020. Le Commissaire central de police (CCP) de Kaya, Cheick Omar Minoungou, fait le débriefing d'une mission avec ses hommes. « Vous devrez restés fermes dans la courtoisie. Ce soir, nous allons privilégier la dissuasion. Si quelqu'un est dehors pour un motif valable (maladie ou urgence), vous pouvez tolérer. Mais, dans le cas contraire, tout contrevenant sera interpellé afin qu'il vienne s'expliquer et au besoin être verbalisé », prévient-il.

Après ces consignes, ses hommes sont divisés en deux équipes. Nous embarquons à bord d'un pickup du commandant de corps urbain de la ville de Kaya, l'officier de police, Salou Maiga. Notre véhicule est escorté par deux binômes motorisés. Au rond-point du 11-Décembre, notre équipe est tombée sur un véhicule. A bord, Boureima Pafarnam, à la recherche de produits pharmaceutiques.

Sur son bulletin d'examen, il est mentionné : «laissez-passer pour ramener du matériel pour un malade hospitalisé ». « Ce type de laissez-passer n'est pas valable mais nous sommes obligés de faire avec », a déploré le chef de la mission. Le cap est ensuite mis sur la zone commerciale de Kaya. « C'est une zone très sensible.

Avec la fermeture du marché, des personnes mal intentionnées profitent pour casser des boutiques», a déclaré M. Maiga. Les patrouilleurs rencontrent ensuite, Abdoul Razak Tontorogbo, âgé d'une vingtaine d'années, déambulant sur les lieux. Il est vite interpellé. Sans pièce d'identité, il soutient être allé rendre visite à sa grand-mère et ne savait pas qu'il était déjà l'heure du couvre-feu. Il est transféré au commissaire.

« Demain, nous allons vérifier son identité et faire une perquisition à son domicile », a déclaré l'officier Maiga. Sur les grandes artères de la ville, c'est le silence absolu, les rues sont à la merci des petits ruminants et des malades mentaux.

Cinq personnes interpellées

Au secteur 1 de la ville, l'escadron motorisé de la police surprend une foule de jeunes dans un six-mètres. Malheureusement, ils ont tous pris la poudre d'escampette laissant derrière eux un téléphone portable, un thermos, un paquet de cigarettes, un briquet et un pied de chaussure. « Ce quartier, ce n'est pas la peine. Chaque nuit, ils font des rallyes malgré le couvre-feu », a regretté le chef de mission.

Ce matériel a été emmené, afin non seulement que les jeunes viennent répondre, mais aussi pour éviter que des voleurs n'y mettent la main. A la porte du centre médical du secteur, la patrouille croise un motocycliste avec une femme en travail. Sans discussion, il a été conseillé d'allumer le phare de la moto, afin d'aller plus vite. Au secteur 6 de Kaya, la moisson a été « bonne ».

Quatre personnes interpellées dont un instituteur qui « méditait », chapelet en main, parce que le bruit dans son « célibaterium » ne lui permettait pas de prier. Dans ce secteur, certains citoyens ont fait une mention spéciale aux forces de l'ordre. «Que Dieu vous protège et qu'il vous donne la force de vaincre à la fois le terrorisme et le COVID-19 », a dit un déplacé interne de Guibga, Salfo Zabré.

Au secteur 4 de Kaya, certaines personnes ont été sensibilisées dont une femme presque à terme. Toujours dans ledit secteur, notre équipe « a fait un crochet» devant la résidence du gouverneur. Aucun récalcitrant interpellé. Il est 22h 40mm. Le couvre-feu semble être respecté à la lettre. Au total, cinq personnes ont été transférées au commissariat. Une moto, un téléphone portable et d'autres biens ont été saisis.

C'est à 23 h 05 mn, que les deux équipes se sont retrouvées dans les locaux de la Police nationale. A l'issue de la sortie, le commissaire Cheick Omar Minougou s'est dit satisfait du travail abattu par ses hommes. « Globalement, Kaya est une ville morte même s'il y a des cas isolés », a-t-il fait savoir. A l'entendre, le but de ces patrouilles est de participer à l'effectivité de la mesure du couvre-feu.

En termes de difficultés, il a souligné l'insuffisance du matériel roulant, des effectifs et des mesures d'accompagnement. Selon le CCP-Kaya, outre le Code pénal, celui de santé publique, en son article 67, propose une amende de 5 000 à 30 000 F CFA avec un emprisonnement 5 à 15 jours pour tout contrevenant. C'est pourquoi, il a invité les populations au civisme.

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