Burkina Faso: Centre national de transfusion sanguine - Ces donneurs de sang qui bravent le coronavirus

Des poches de sang

La psychose liée à la maladie à coronavirus (COVID-19) a entraîné un ralentissement des activités de collecte de sang au niveau du Centre national de transfusion sanguine (CNTS). Mais depuis deux jours, quelques donneurs bravent leur peur afin de « sauver des vies ». Sidwaya est allé à leur rencontre dans la matinée du mercredi 8 avril 2020.

Hervé Kéré est un habitué du Centre national de transfusion sanguine (CNTS). Donneur bénévole depuis 2013, il est à nouveau présent en cette matinée du mercredi 8 avril 2020 pour donner de son « liquide précieux ».

Cache-nez sur le visage, M. Kéré dit vouloir contribuer à sauver des vies. C'est pourquoi, malgré les « mises en garde » de certains membres de sa famille sur les probables risques de contracter le COVID-19 en se rendant dans un centre public comme le CNTS, Hervé Kéré n'a pas voulu déroger à la règle qu'il s'est fixé de donner son sang tous les trois mois.

« Nous avons tous peur du coronavirus mais la psychose liée à la maladie ne doit pas nous empêcher de poser des actes salvateurs comme donner notre sang », a-t-il laissé entendre. Son avis est aussi partagé par Mama Zongo et Brice Sawadogo qui ont aussi fait le déplacement du CNTS pour laisser parler leur cœur en faveur des demandeurs de sang. Donneurs bénévoles également, ils ont décidé de répondre à l'appel du Centre national de transfusion sanguine qui fait face actuellement à un besoin « criant » en sang, selon les confidences de Brahima Traoré, infirmier chargé de la collecte mobile.

De ce qu'il a dit, le CNTS peine actuellement à satisfaire la demande en sang car une partie de ses activités, à savoir la collecte mobile, est arrêtée. « C'est la collecte mobile qui nous permettait d'avoir 70% de nos besoins mais compte tenu de la crise sanitaire qui prévaut en ce moment, nous ne pouvons plus le faire. Ce qui nous porte vraiment préjudice », a-t-il déclaré.

Des dispositions contre le coronavirus

Il s'est toutefois réjoui qu'en dépit de la psychose générée par le COVID-19, certaines personnes continuent de venir donner leur sang. « Depuis quelques jours, les donneurs se faisaient de plus en plus rares. Nous nous retrouvions avec 8 à 9 poches par jour. Mais depuis deux jours, l'affluence se fait à nouveau sentir », a-t-il indiqué.

Effectivement à notre passage aux alentours de 10 heures, une longue file de personnes attendaient de donner leur sang sous une tente de fortune dressée pour l'occasion. Dans la salle de prélèvement, 19 poches avaient déjà été collectées contre une prévision journalière de 50. De quoi rassurer M. Traoré qui dit espérer atteindre les prévisions. « Qu'il y ait coronavirus ou pas, le besoin de sang est toujours crucial au Burkina Faso. Seulement avec la crise sanitaire, le sang ne rentre plus comme avant.

Nous avons donc demandé aux prescripteurs de rationaliser la demande mais malgré tout, nous n'arrivons pas à couvrir les besoins », a-t-il déploré avant d'inviter la population à continuer à donner son sang car la vie de nombreux malades en dépend. Il l'a en outre rassurée que toutes les dispositions sont prises pour protéger du COVID-19, ceux qui viendront donner leur sang.

Il s'agit notamment de la mise en place d'un dispositif de lavage des mains et de contrôle de la température à l'entrée du service et la distanciation d'un mètre entre les donneurs. « Actuellement, tout est mis en œuvre pour protéger non seulement ceux qui viennent donner leur sang mais aussi les travailleurs contre toute infection au COVID-19 », a-t-il précisé.

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