Congo-Kinshasa: L'arrestation de Vital Kamerhe vole la vedette au COVID-19

L'interpellation et la mise sous mandat d'arrêt provisoire du directeur de cabinet de Félix-Antoine Tshisekedi ont alimenté presque toutes les conversations du 8 avril jusqu'aux dernières heures de la nuit.

Pendant toute une journée, les Kinois semblaient oublier la présence de la pandémie de coronavirus (Covid-19) qui hante les esprits depuis plus de deux mois déjà. Leur attention avait été captivée par la convocation et l'arrestation provisoire de Vital Kamerhe Luakanyingini, le directeur de cabinet du chef de l'Etat congolais, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui devrait passer sa première nuit à la prison centrale de Makala.

Des images de son transfèrement ont circulé sur les réseaux sociaux alors que d'autres ont montré même la réaction de sa femme, Amida Shatur Kamerhe, face à cette arrestation. Depuis plus d'un mois, pour un moment, le Covid-19 a cessé d'être à la vedette pendant toute une journée, pour laisser la place à un autre évènement.

Une folle rumeur sur la libération de Vital Kamerhe

La toile a été secouée, dans les dernières heures de la nuit du 8 avril, par une nouvelle sur la libération du directeur de cabinet du chef de l'Etat, Vital Kamerhe. Pendant que les partisans de l'homme politique congolais applaudissaient, ceux qui ont salué son arrestation provisoire ont déchanté. Les discussions se sont poursuivies tôt, ce matin du 9 avril.

Dans leur féconde imagination, certains Congolais ont même soutenu que c'est le président de la République, Félix-Antoine Tshilombo, lui-même qui avait fait le déplacement vers la prison centrale de Makala pour le libérer. Un juriste contacté aux mêmes heures a, par ailleurs, clairement indiqué que « l'autorité qui a arrêté, c'est lui-même qui libère ». Pour dire que la présence du chef de l'Etat vers cette maison carcérale n'était pas nécessaire pour faire libérer son directeur de cabinet, parce que la décision devrait venir de la 4e rue limete.

Des informations obtenues, tard dans la nuit, auprès des sources sur place ont indiqué que le directeur de cabinet n'avait pas été libéré comme ces rumeurs l'indiquaient. « Il est ici, nous parlons avec lui. D'ailleurs, sa chambre est voisine de la mienne », a indiqué un pensionnaire de cette prison à son interlocuteur à la cité. Il note même que Vital Kamerhe a demandé une bière pour s'assurer cette première nuit en prison.

Dans un autre son dont la voix est attribuée au directeur de cabinet Kamerhe, celui-ci promet aux détenus qu'il serait venu en prison pour les libérer. Et à ces derniers de lui dire qu'ils se verront le matin pour partager. Pour dire qu'effectivement, Vital Kamerhe a passé sa première nuit en prison.

Vital Kamerhe « mapé » !

Le directeur de cabinet du chef de l'État avait été entendu, le mercredi 8 avril, au Parquet général près la Cour d'appel de Matete, par le procureur Kisula Betika Yeye Adler, dans l'affaire des détournements dans le cadre des travaux de 100 jours de Félix-Antoine Tshisekedi, à la suite des allégations de détournement des fonds alloués à ce programme.

Après plus de six heures d'audition, il a été mis sous mandat d'arrêt provisoire et acheminé à la prison centrale de Makala où il est arrivé vers 20 heures. Après des formalités administratives, il a até admis à la chambre 2 du pavillon 8 B. A la fin de l'instruction au niveau du Parquet général près la Cour d'appel de Matete, s'il n'y a plus de doute sur son implication dans ces détournements décriés, son dossier sera transféré à la Cour de cassation où il y a ses juges naturels pour y être jugé.

Plusieurs sources concordantes notent, en effet, que Vital Kamerhe a éprouvé d'énormes difficultés à répondre à certaines questions du procureur, notamment sur les passations des marchés publics de gré à gré, la présence de sa signature sur certains documents, etc. Cité plusieurs fois dans ce dossier, Vital Kamerhe n'est pas la première personne arrêtée. Avant lui, on avait noté l'arrestation de quelques responsables Safricas et autres entreprises commises à l'exécution des travaux de saut-de-mouton et de construction des maisons préfabriquées pour les militaires ou encore le directeur général de la Rawbank, qui a été libéré sous caution.

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