Cote d'Ivoire: COVID-19 - Quand des populations bravent la mesure d'isolement d'Abidjan

Dans le but de lutter contre la propagation rapide de la pandémie du coronavirus en Côte d'Ivoire, le gouvernement ivoirien a décidé d'isoler la ville d'Abidjan, principal foyer de la maladie, du reste du pays. Avec cette mesure qui a pris effet le dimanche 29 mars, les déplacements de personnes et de véhicules d'Abidjan vers les villes de l'intérieur du pays et vice-versa sont interdits.

Toutefois, la décision prévoit des exceptions pour les véhicules d'approvisionnement en denrées alimentaires, en produits de grande consommation, en produits pharmaceutiques ou pour les véhicules de transport de dépouilles (les corbillards) et de transport de minerais. Malheureusement, certaines personnes profitent de ces exceptions pour contourner la mesure. Les astuces ne manquent pas.

À Man, dans l'ouest du pays par exemple, les candidats au voyage rivalisent d'ingéniosité pour se rendre à Abidjan. Deux possibilités s'offrent à eux. Soit ils empruntent un minicar à Man pour rallier Yamoussoukro puis un autre véhicule de Yamoussoukro pour Abidjan, soit ils optent pour les véhicules dispensés de l'interdiction de circuler.

Dame Oulaï Odette, résidant à Man, avoue s'être rendue à Abidjan au chevet de son fils en empruntant un camion transportant des produits vivriers. Au cours de ce voyage périlleux, elle a dû se faire passer pour une commerçante afin d'éviter de se faire épingler par les forces de l'ordre. Elle révèle avoir déboursé la somme de 20 000 FCfa pour effectuer ce trajet qui lui revient habituellement à 8 000 FCfa. Et une fois son séjour à Abidjan terminé, elle a utilisé le même procédé pour regagner Man.

Pour leur part, Kouassi Rodrigue et son frère, tous deux employés d'une entreprise chinoise du secteur de l'électricité installée à Duékoué mais fermée en raison de la pandémie, ont pu regagner Abidjan, leur lieu de résidence habituelle, à bord d'un corbillard, en payant la somme de 15 000FCfa chacun.

Quand Kamaté Abou, ingénieur en informatique, rencontré au corridor de Zélé à Man à bord d'un gros camion, dit s'être fait passer pour un apprenti-chauffeur pour rejoindre sa femme à Abidjan.

Interpellé sur leur implication dans ces pratiques dolosives, préjudiciables à la lutte contre le Covid-19, un chauffeur de camion de transport de marchandises rétorquera, sous le couvert de l'anonymat, qu'ils essaient d'aider les personnes qui doivent impérativement voyager. Sauf que cet altruisme proclamé n'est pas sans facture. Il a un coût et porte surtout un coup aux efforts engagés en vue de freiner la propagation de la pandémie dans le pays.

En effet, le prix du trajet de Man à Abidjan est littéralement passé du simple au double avec l'émergence de cette nouvelle race «de transporteurs en commun» qui n'ont pas conscience du danger qu'ils font courir à tout le pays.

En écho aux tarifs exorbitants qu'ils fixent aux voyageurs, les chauffeurs de gros camions, se défendant, accusent les agents des forces de sécurité d'être devenus plus avides dans le racket depuis l'avènement de la pandémie

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