Congo-Kinshasa: Sassou dit non au vaccin contre le coronavirus

Le débat sur le vaccin contre le coronavirus se poursuit a travers le continent. A Brazzaville, le Président Denis Sassou Nguesso a mis fin a l'aventure. « J'ai suivi les débats ici et la, y compris les déclarations sur les conséquences qui pourraient survenir en Afrique. Ma décision est prise, pas question de cette affaire là au Congo-Brazzaville ».

Le Président congolais qui doit avoir suivi les vives réactions qui ont accueilli les propos du Prof Muyembe à Kinshasa a réalisé le fossé qui sépare la vision occidentale de la question des réalités africaines.

Pour conforter sa position, le Dr Evariste Likinda de la RDC, Vice-Président sortant du Comité international de bioéthique de l'Unesco et Président en exercice du Comité national de Bioéthique est sorti de sa réserve pour donner son éclairage sur la question. Même s'il fait avancer la science, le vaccin n'a pas toujours été innocent. Pour le démontrer, il cite quelques cas précis qui donnent tous froid dans le dos : les expériences menées sur la syphilis aux États-Unis, la campagne de vaccination antitétanique au Kenya etc.

Cette affaire n'est pas ordinaire et ce n'est pas par stupidite que les Africains sy opposent. Ci-dessous, la réflexion du Dr Likinda.

« J'ai parfois entendu dire ces jours-ci : VOUS CONTESTEZ UN VACCIN ALORS QUE VOUS N'ÊTES SPÉCIALISTE EN RIEN.

Quand j'étais en première année de candidature en sciences naturelles et médicales, le professeur Vanhove commençait son cour par cette phrase: L'homme de la rue n'est pas un ignorant...

En fait, ceux qui remettent en cause la vaccination, dans le contexte d'aujourd'hui, ne se prétendent pas forcément experts en virologie ou en immunologie. À mon humble avis, ce sont peut-être des gens qui ont relu l'histoire et envisagent ces questions dans une perspective plus large et plus globale.

Ils ont peut-être fouillé dans les archives du Tribunal de Nuremberg (en Bavière) qui a révélé que, par le biais des connaissances scientifiques et des recherches biomédicales, des malveillances ont été commises sur des humains ou des groupes ethniques ou autres.

Peut-être qu'ils ont pu lire quelque chose sur le Scandale de Tuskegee (en Alabama), une étude clinique menée par des médecins américains pour mieux connaître l'évolution de la syphilis lorsqu'elle n'est pas traitée (même alors que le traitement a été découvert); une étude réalisée sans en informer les sujets, sous l'égide de l'US public Health service (USPHS), donc sous couvert d'une prise en charge médicale par le gouvernement. Ces sujets à l'étude étaient tous des noirs; des patients noirs de sexe masculin âgés de 25 à 60 ans furent recrutés à cet effet moyennant quelques dollars. Pendant toute la durée de l'étude ( par d'éminents experts scientifiques), l'USPHS mit tout en œuvre pour que les sujets ne reçoivent pas de traitement pourtant déjà découvert (la pénicilline). Le bilan était lourd: c'est vrai que la science a gagné une meilleure connaissance de l'évolution naturelle de la maladie, mais il y a eu 28 patients morts directement de la syphilis, 100 autres des complications liées à cette maladie, plus de 40 femmes infectées par leurs conjoints, et 19 enfants nés avec syphilis congénitale.

Ils se sont peut-être souvenus des confessions devant la Commission Vérité et Réconciliation en Afrique du Sud. Le Projet Coast, un programme d'armes bactériologiques et chimiques secret-défense du gouvernement d'Afrique du Sud durant l'apartheid. Le Dr Wouter Basson (Dr La Mort), chargé du programme visant à contrôler la démographie de la population noire d'Afrique du Sud en créant des poisons bactériologiques ne s'attaquant qu'à la population noire; du poison capable de stériliser des femmes (destiné aux femmes noires) a été mis au point lors du Projet Coast.

Ils se sont peut-être rappelé qu'en 2014, 30% des doses recueillies au cours de la campagne de vaccination antitétanique au Kenya sur des femmes de 14 à 49 ans, sponsorisée et promue par l'OMS et l'UNICEF contenait la sub-unité Bêta HCG, qui en faisait un instrument subreptice de contrôle des naissances à l'insu des femmes vaccinées. En effet, le HCG, une hormone sécrétée par les femmes enceintes, injectées au moyen d'un vaccin, provoque le développement d'anticorps contre le HCG, de sorte que si l'ovule d'une femme est fécondé, son HCG naturel sera détruit, la rendant définitivement stérile.

C'est dire qu'on n'est pas obligé d'être expert en virologie ou en immunologie pour contester un vaccin. Parfois, les inquiétudes des gens qui contestent sont guidés par le simple bon sens, sans forcément souffrir de crétinisme. »

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