Sénégal: COVID 19/ Lutte contre les cas communautaires - Badienne gox et asc investissement les quartiers

Depuis la déclaration des cas communautaires dans le mode de transmission du coronavirus au Sénégal le 21 mars dernier, les populations s'impliquent davantage dans la prise de conscience de leurs concitoyens à d'adopter les règles d'hygiène élémentaires dans leurs habitudes quotidiennes.

A cet effet, avec l'appui des Badiennes Gox, des acteurs de développement, de la mairie ou encore sur fonds propres, des stations de lavage de mains y sont installés en accompagnement de quelques jeunes pour les messages de sensibilisation.

«Seul le pari de la prévention peut nous aider à gagner cette guerre», a l'habitude de dire le professeur Moussa Seydi en charge du traitement des personnes atteintes de coronavirus au Sénégal. Dans la même foulée, le docteur Abdoulaye Bousso, directeur du centre des opérations d'urgences sanitaires demande à la population que «chacun soit le protecteur de l'autre». Une manière de faire impliquer la population dans la lutte contre le coronavirus afin d'amoindrir les risques mais aussi de l'éradiquer.

Avec l'entrée de la transmission communautaire qui prenne la place des cas importés depuis quelques jours, l'appel des autorités est aujourd'hui plus qu'une priorité. A la limite, elles supplient même la population à prendre conscience du danger qui peut s'abattre sur le Sénégal. Pour le directeur de cabinet du ministère de la santé et de l'action sociale, docteur Aloyse Waly Diouf, «on préfère une baisse des cas de contamination qu'à un bon taux de guérison». Et de poursuivre : «la guerre contre le coronavirus vient de commencer avec l'ascension des cas issus de la transmission communautaire».

Toutefois, si le message n'a pas suivi d'effets dans la population en générale, certaines personnes se sont impliquées dans la lutte contre la transmission communautaire et ces équipes sont le plus souvent pilotées par des étudiants, les jeunes des associations de bases communautaires. Même si les moyens ne suivent pas comme beaucoup d'entre eux le disent, des stations de lavages composées d'un seau d'eau, de récipients, de détergents sont implantés dans chaque coin de la rue pour permettre aux passants de s'adonner à cet exercice devenu un rituel national pour vaincre la Covid19. «Les acteurs de la santé ne peuvent pas à eux seuls gérer le volet de la sensibilisation. Ce travail revient aux associations de base et elles sont vraiment impliquées dans nos activités de formation pour avoir les armes sur comment porter le message au sein de la population pour plus d'efficacité», a laissé entendre l'assistante sociale du centre de santé de Gaspard Kamara, Ndack Guèye.

Les Badiénnes Gox au premier rang de la prévention

Toutes les entités créées par le ministère de la santé et de l'action sociale pour lutter contre le paludisme sont aujourd'hui associées dans la lutte contre le coronavirus. Il s'agit des Badiennes Gox, des dispensateurs de soins communautaires, des associations de bases. Sous l'encadrement du service national de l'éducation et de l'information pour la santé (Sneips), ces acteurs ont toutes les armes pour faire de la bonne prévention. Pour la présidente de l'association des Badienne Gox ou encore marraine de quartier, Ndeye Fatou Diallo dans une de nos rencontres dans la lutte contre le coronavirus au Sneips a déclaré: «sensibiliser une femme, c'est sauvé toute une famille de la contamination du coronavirus. Aujourd'hui, les marraines de quartiers sont dans la réponse en gérant le volet sensibilisation.

Dans tous les quartiers, elles continuent de mener leurs activités sous la supervision des acteurs de santé». Au niveau de la santé, une source sous le couvert de l'anonymat a renseigné que la plupart des cas suspects découlent de l'investigation des acteurs communautaires. «Ce sont des personnes influentes et très respectées dans leur quartier, les gens les connaissent et ont une confiance dès fois aveugles sur elles. Certaines passent par les acteurs communautaires pour dénoncer des cas suspects et ce travail, nous acteurs de santé ne pouvons pas le faire». Pour la chargée de communication du centre des opérations d'urgence sanitaire (Cous) Binta Bocoum, les socio anthropologues ont réalisé, après plusieurs études sur le comportement de la population, que la vision, l'interprétation, les sentiments de la population ne sont pas les mêmes que celles des autorités. Ainsi, pour parvenir à rompre la chaine de transmission de la maladie de Covid19 au niveau communautaire, elle a déclaré que «les socio-anthropologue nous ont fait savoir qu'il y a aussi une certaine peur de la population qu'il faudrait gérer dans les stratégies que nous mettons en place après des visites réalisées dans des domiciles dans le but d'avoir leurs sentiments pour orienter la riposte».

Pour Badienne Fatou Kiné Ndiaye dans la localité de liberté que nous avons joint au téléphone : «nous déroulons des activités de sensibilisation et nous effectuons des visites dans les maisons. Il y aussi des gens qui viennent nous voir pour signaler des alertes et à notre niveau, on appelle les agents de santé. Nous sommes aussi impliqués dans le suivi et la recherche de cas contacts et c'est là où on parvient à déceler des cas communautaires». Et de poursuivre : «notre combat est d'accélérer la prévention. Tout le monde n'a pas les moyens de se procurer des gels alcoolisés encore moins des masques. Aujourd'hui, nous encourageons le lavage à l'eau et au savon dans les maisons après chaque sortie mais aussi de l'eau et de la javel pour se désinfecter à l'absence de gel et c'est ce qui est adopté par nos jeunes dans les différents quartiers de Dakar afin de ratisser large sur les mesures de prévention pour stopper les cas communautaires».

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