Sénégal: Lutte contre la transmission communautaire du COVID-19 - L'insouciance des gargotières et de leurs clients

La tournure de la pandémie à coronavirus (Covid-19) au Sénégal inquiète la population au plus haut point. Selon les informations officielles du ministère de la santé, le second cas de décès du Covid-19 est une femme propriétaire de restaurant.

De même à Keur Massar, l'un des cas issu de la transmission communautaire est une vendeuse de petit déjeuner (gargotière). Autant d'informations terrifiantes qui remettent au goût du jour la lancinante question de l'interdiction de la vente de déjeuner et de petit déjeuner aux coins des rues en cette période de psychose accentuée par l'évolution des cas de transmission communautaire du Covid-19. Un tour dans certaines gargotes à Liberté 6, Grand-Yoff et Camp Pénal permet d'apprécier l'ampleur du danger.

Le constat fait froid dans le dos ! Entre insalubrités, recommandations hygiéniques bafouées, insouciances et non respect des gestes barrières, entre autres, clients et vendeurs de petit déjeuner et déjeuner côtoient au quotidien un danger permanent, face à la propagation du coronavirus (Covid-19) avec désormais la croissance des cas communautaires qui inquiètent les autorités sanitaires. Un tour dans certaines gargotes à Liberté 6, Grand-Yoff et Camp Pénal permet d'avoir le cœur net.

A Grand-Yoff, une vendeuse de petit déjeuner à l'intérieur d'une tente reliée avec des draps attire notre attention. Interrogée sur la gravite du moment, avec les cas de transmission communautaire du Covid-19, la dame n'a pas voulu se prononcer et nous interdit par la même occasion d'interroger ses clients. Pis elle n'a manqué de préciser «que la situation n'est pas aussi grave que tente de faire croire la presse qui ne fait que dramatiser les choses ; ce qui risque de porter atteinte à leur métier.»

Plus loin, sur les deux voies Liberté 6, on aperçoit un autre kiosque qui propose, à sa devanture, divers menus de petit déjeuner. Interpellée sur la même question, la gérante répond : «ça fait 5 ans que je m'active dans la vente de petit déjeuner et je n'ai jamais causé du tort à mes clients. Je respecte toutes les mesures édictées car il y va aussi de ma santé», a-telle laissé entendre.

Le prétexte du travail et de l'éloignement de la Famille

Un de ces clients qui dégustait jusqu'ici appuie les paroles da la dame : «je fais confiance à Mounass ; elle est très propre et ordonnée. J'ai eu écho de ce qui s'est passé à Keur Massar et je suis conscient du danger qui me guette en ces lieux. Mais, je n'ai pas une famille à Dakar, j'habite seul ; donc obligée de fréquenter les restaurants. Je m'en remets à Allah, en tout état de cause», renchérit-il.

Malgré l'interdiction de la vente de pains dans les boutiques, le risque de chopper la maladie en ces lieux rencontre et de rassemblement demeure aujourd'hui plus que jamais d'actualité. Des clients insouciants y débarquent toujours avec leurs pains pour se procurer du chocolat, de la mayonnaise, du beurre, dans les boutiques, ou de la de la sauce au spaghetti ou niébé dans les gargotes, entre autres.

Et Aïcha Koïta en est un exemple. 2 miches de pain à la main, elle demande au boutiquier de lui mettre de la mayonnaise et deux œufs dans chacune des miches. Interrogée sur les dangers qu'elle encouru, elle répond avec dédain : «pour ma part, interdire la vente de petit déjeuner serait un acte un peu cruel car nous savons tous que la population s'est habituée à ce phénomène et vit dans une situation de précarité. On ne doit pas empêcher à ces braves dames de vendre alors qu'elles comptent sur ces recettes pour faire le marché du diner. Il serait plus judicieux que les vendeurs respectent les mesures d'hygiènes. Trump a été testé négatif du Covid-19, alors qu'il a été le premier à serrer les mains des américains rapatriés de Chine», a-t-elle soutenu.

A quelques encablures de là, au Camp Pénal de Liberté 6, à 13h58 précisément, la restauratrice Adji Maguette sert déjà le déjeuner à ses clients dans une belle ambiance ; on ne se croirait même pas en période de crise sanitaire. La discussion allait bon train et les clients dégustaient leurs plats avec aisance. Interpellée, elle s'explique : «j'avais décidé d'arrêter, en un moment donné, avec l'ampleur de la maladie. Mais les clients m'ont supplié de continuer. La plupart n'habite pas à Dakar et risque de sombrer dans la famine, si on ferme les restaurants. Et j'ai aussi des clients abonnés, des entreprises, des boutiquiers, etc. Je ne peux pas tout arrêter brusquement, sans honorer mes engagements», a-t-elle laissé entendre, avec un brin d'amusement.

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