Sénégal: Menace grandissante des cas communautaires - Une grande partie des populations dans l'ignorance totale

La menace est grandissante et menaçante, mais les populations semblent baisser les pavillons et crient victoire. Ce sentiment de délivrance de la population est dû au chiffre communiqué par le ministère de la santé et de l'action sociale au sujet des cas positifs, comparativement inférieur à ceux qui étaient annoncés, il y a de cela quelques semaines.

Ainsi, dans l'ignorance de la gravité qu'implique la montée des cas communautaires, une grande partie de la population banalise les risques de la contamination. Ailleurs, ce sont les cars-rapides qui dupent les policiers en dépassant la limite du nombre de passagers autorisés. Sans occulter des soirées dansantes qui s'organisent en catimini dans des maisons et appartements. Et le pire, c'est le non-respect des conditions d'utilisations des masques, de la distanciation, corsant le risque de la propagation de la maladie à Covid 19.

Une grande partie de la population crie victoire!

Si les inquiétudes sont de plus en plus grandissantes selon les autorités sanitaires au vu de l'augmentation des cas communautaires, une grande partie de la population crie victoire à la lecture des chiffres nettement en baisse issus des résultats virologiques quotidiens. Ces dernières ignorent le caractère difficile, complexe à maîtriser et à circonscrire des cas issus des transmissions communautaires. «Je me réjouis de la diminution des cas de coronavirus au Sénégal.

Avant, on avait des vingtaines de cas par jour mais depuis quelques jours on reste dans les tranches d'une dizaine au plus » a déclaré Joseph Diatta, taximan de son Etat. Et de poursuivre «le nombre de cas de guérison est nettement supérieur aux cas positifs déclarés par jour. Je félicite le professeur Moussa Seydi qui apporte une solution radicale et à l'échelle mondiale à cette pandémie par son savoir-faire». Comme ce dernier, la vendeuse de petit déjeuner dans le quartier populaire Arafat, Rockaya Mbow, épouse les mêmes opinions que son compatriote en considérant la menace du nouveau coronavirus presque jugulée et appelle à manifester une gratitude à Dieu pour cette délivrance de la catastrophe que pourrait occasionner le Covid 19 au Sénégal. «Avant, je renouvelais presque chaque jour les gels hydro-alcooliques que je mettais à la disposition de mes clients mais, aujourd'hui la menace est maîtrisée et la vie reprend de plus belle» a argué la célèbre vendeuse de petit déjeuner résidant dans le quartier Arafat.

Contrairement à deux précédents, Emmanuel Mané, étudiant en Théologie, est très sceptique par rapport à la baisse de la menace en pointant du doigt l'hécatombe qui pourrait s'installer au Sénégal avec la montée fulgurante des cas positifs issus de la transmission communautaire, et fustige vivement le comportement de la plupart de ses voisins qui ont baissé pavillon en commençant à banaliser le respect des règles d'hygiènes et de la distanciation sociale. «Beaucoup pensent que c'est déjà fini avec le coronavirus en se focalisant sur les chiffres annoncés par le ministère de la santé qui indique peu des cas positifs. Personnellement, je ne suis pas de cet avis car, les cas communautaires ont un caractère qu'on ne peut circonscrire dans un périmètre bien précis, donc difficile à maîtriser et à orienter une stratégie de riposte efficace», a expliqué Emmanuel Mané. Le pire, poursuit l'étudiant : «certains de mes voisins ne respectent plus les règles d'hygiènes et s'entassent de plus en plus dans les lieux».

Les cars rapides dupent les policiers et entassent les clients

Les injonctions du ministère de l'intérieur au sujet de la limitation des passagers dans les transports en commun, sont foulées aux pieds par de nombreux conducteurs de Car-rapide. Aux Parcelles assainies, le constat crève le cœur et donne le tournis. Plusieurs car-rapides empruntant cette direction ont dépassé largement le nombre de clients autorisés et pour berner les policiers, ces derniers se régularisent à l'approche des postes de stations de policiers, connus habituellement. L'argument avancé par l'un des chauffeurs de ces car-rapides qui défie les règles établies par les autorités, est celui d'un manque d'accompagnement de l'Etat pour rendre effectif le respect de la limitation des passagers.

"On nous annonce des milliards à la télé mais personne ne se soucie des transporteurs"

«L'État a pris une décision mais nous autre on a des familles à nourrir. On nous annonce à la télévision des milliards, mais personnes ne se soucient de ce que mes enfants et ma femme vont se mettre sous la dent. Dans de telle condition, je suis prêt à braver la mort pour ne pas laisser mourir de faim mes enfants. S'il faut tordre le coup au principe établi par l'État, je le ferai pour sauver ma famille», a d'emblée clamé Dembo S. Pour les clients qui montent dans ces cars-rapides au péril de leur santé, la raison semble être les problèmes pécuniaires au vu de l'arrêt de plusieurs activités pour l'endiguement du nouveau coronavirus.

Les Soirées dansantes en catimini dans la capitale!

C'est tout simplement le comble dans ce contexte pandémique. Selon plusieurs vigils dans le quartier des Almadies, les appartements et les maisons sont transformés en boîte de nuit pour satisfaire certains inconscients des menaces de la Covid 19. «Chaque soir, je vois de nombreux jeunes défilés devant moi et renter dans la maison qui se situe juste en face de celle que je suis chargé de surveiller. Habillés tous en tenu de soirée, ils y restent jusqu'à l'aube pour en sortir vers 6 heures du matin, tous dans un état d'ébriété», a renseigné Bienvenu Katami. Et de poursuivre : «Ils se sont arrangés qu'aucun son ne filtre. Mais, si vous vous rapprochez un peu plus de la maison, vous entendrez des sonorités comme des bourdonnements. Il y a plusieurs travailleuses de sexe qui viennent se faire aussi des clients». Ailleurs, les regroupements s'organisent entre colocataires avec des invités, le tout sous la bénédiction de plusieurs bouteilles d'alcools. Dans l'anonymat, un des adeptes de ces soirées a confié : «c'est important de décompresser. On organise ces rencontres pour renforcer non seulement les liens amicaux mais aussi pour que l'ennui ne nous achève pas avant la Covid 19». Ces apôtres de la fiesta préfèrent riposter contre l'ennui que le nouveau coronavirus qui sème un chaos sans précédent au plan mondial.

"Je lave rarement mes Masques. J'ai essayé plusieurs masques avant l'achat"

Si la généralisation du port des masques occupe de plus en plus le devant des actualités, le mode d'usage est très important, sans quoi, le risque de la propagation du virus est plus que jamais élevé. Livreur d'une entreprise de la capitale, Mohamed Sèye, a avoué ne pas pouvoir laver les masques en tissu qu'il utilise. «Je n'aime pas trop le port de masque. Je l'ai acheté au regard des risques de contamination du nouveau coronavirus. Je porte les masques quand je suis sur ma moto, sinon c'est dans ma poche». Et de poursuivre : «j'ai acheté mon masque il y a de cela moins de 2 semaines et je ne l'ai pas encore lavé parce que je l'utilise rarement. Il n'y a pas de taches et il en encore tout neuf ». Par ailleurs, les vendeurs de ces masques en tissus se promènent avec ces masques qui tombent dans la poussière et essayés plusieurs fois par des clients avant l'achat. «J'ai essayé plusieurs masques avant d'en acheter parce qu'il y a plusieurs tailles chez les vendeurs ambulants» à témoigner Mariama Sow.

En somme, comme l'a indiqué le chargé de la communication du centre des opérations d'urgences sanitaires, Binta Bocoum, si le port généralisé des masques semble être une politique préventive qui peut s'avérer efficace contre la Covid 19, le non-respect des règles d'utilisations risque d'élever le taux de la contamination. «Le masque est une barrière. Si une personne à la possibilité d'avoir le masque et de respecter son usage, il n'est pas interdit que la personne la porte.

Mais, il faut comprendre qu'un masque on le met avec les mains propres et on ne doit pas le mettre plus de 3 heures et quand on en finit on doit le mettre dans une poubelle. Car, un masque n'est pas éternellement apposé à un visage et il n'est pas non plus reconduit. Si on arrive à respecter cela, les personnes qui ont la possibilité d'avoir les masques, de pouvoir les renouveler et de pouvoir les utiliser en respectant les normes, sont en droit d'en faire usage».

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