Afrique: Oublier l'Afrique reviendrait à accepter l'effet boomerang et à assumer le retour du bâton de l'inaction

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L’ « effet pangolin », « la catastrophe africaine », « le coup de trop », « la tempête qui vient », « le mort politique zéro » ou encore le continent « cobaye ».   Il s’agit là d’une triste liste, malheureusement non exhaustive, tant la bêtise ne connait pas de trêve, même en période de confinement. Comme en tout temps, et plus encore en période de crise, l’Afrique est stigmatisée, l’Afrique est vilipendée, l’Afrique est caricaturée. Répétition de l’histoire inacceptable. Reflexes pavloviens intolérables. Arrogance, racisme, maladresse, raccourcis faciles, condescendance, suffisance, mépris, relent colonial, ou que sais-je encore, les vieux réflexes d’un Occident, qui pourtant nous promet, autant qu’il se promet à lui-même, que les choses ne seront plus jamais pareilles, ont la peau dure, dès-lors qu’il s’agit d’évoquer le sort de notre continent. Les perceptions seraient-elles aussi têtues que les faits ? Face à ceux qui le sont moins, voire beaucoup moins, le manque d’humilité et de décence des puissants – qui devraient, dans ces circonstances, être rappelés à l’ordre par la cruelle réalité des faits, tant cette pandémie bouleverse justement les certitudes – en est l’implacable démonstration.

Pourtant, qui saurait, parmi les puissants, être en mesure de donner des leçons ? Le Covid-19 nous renvoie à nos fragilités les plus primaires et les plus élémentaires. Il met, également, en lumière les vulnérabilités systémiques d’un modèle ultralibéral. Puisque ce mal est global, ne faisant aucune distinction entre les riches et les moins riches, il devrait inciter à davantage de pudeur. Face à un fléau invisible et imprévisible, d’abord largement sous-estimé puis qualifié d’ennemi une fois que la vague déferlante est devenue inévitable, l’Humanité dans son ensemble est vulnérable et impréparée.  En pareil cas, la vérité du jour, n’est ni celle de la veille et ni, encore moins, celle du lendemain. Les contradictions, les atermoiements, les hésitations et les tergiversations sont devenus la norme dans beaucoup de pays Occidentaux.

Pourtant, l’Afrique, habituée à la horde de « spécialistes », aux apprentis sorciers et aux oiseaux de mauvais augure, toujours aussi si généreux en catastrophisme, observe anticipe et se prépare, dans la limite du (très) peu de moyens dont elle dispose. Le continent, et notamment l’Afrique subsaharienne, loin d’être un bloc monolithique comme les lectures un peu trop simplistes de certains « experts » peuvent le laisser croire, ne sait, que trop assez, ce qu’une crise sanitaire implique. L’Afrique en garde toujours d’ailleurs des séquelles importantes, au moment où Ebola et le Sida continuent quotidiennement à faire des ravages en son sein. Et c’est peu dire. Le Covid-19 rouvrira inévitablement les plaies des pays africains, qui souffrent encore de ces « outbreaks », et impactera fortement les autres, tant sur le plan sanitaire qu’économique.

L’Afrique paiera, elle aussi, un lourd tribut à cette crise, c’est une évidence, mais si elle est soutenue elle pourra alors tenter d’en limiter les dégâts, qui seront, de toutes façons et comme ailleurs, dévastateurs. Mais pour cela, à l’heure du chacun pour soi, la renaissance d’une coopération multilatérale, aujourd’hui embryonnaire, est indispensable. Au lieu de se contenter de juger l’Afrique, du haut de son piédestal fracturé, l’Europe, qui souffre, au minimum, d’un sérieux « retard à l’allumage », selon l’aveu même des europhiles les plus convaincus, ne peut plus se contenter de mots, de promesses, ou de « garantir » un soutien qui mettra du temps à se matérialiser.

L’urgence est donc de mise pour l’Afrique, mais aussi pour l’Europe, certes elle-même confrontée à une crise sanitaire sans précédent. Le principe de solidarité, pour le propre bien de l’Europe, ne devrait pas simplement se limiter aux frontières européennes. En apportant son soutien à l’Afrique dans cette crise, l’Europe ne fera ni preuve d’assistanat, ni d’excès d’altruisme bienveillant. Le vieux continent s’aidera d’abord lui-même et s’évitera plus tard d’être confronté à un rebond européen de la pandémie. Aider l’Afrique c’est donc protéger, plus tard, l’Europe d’un reflux pandémique. Il ne s’agit, pas uniquement pour les européens, de prêter assistance au continent, mais plutôt d’investir, aujourd’hui en Afrique, pour assurer, ensuite, la propre sécurité sanitaire de l’Europe.

La nécessité de démultiplier les champs de coopération internationale est essentielle, tant les besoins de l’Afrique sont immenses. La concertation continentale et l’approche concertée entre pays africains est tout aussi indispensable. Il faut en cela saluer le rôle de l’Union Africaine (UA), qui mobilise ses instances pour faire en sorte que l’Afrique puisse « parler d’une seule voix », mais aussi pour qu’elle puisse permettre à ses pays de répondre collectivement aux défis posés par le Covid-19. Il s’agit là d’une démarche importante et vertueuse, mais dans les faits elle reste encore à parfaire. La position du responsable de la lutte contre la pandémie en République démocratique du Congo, favorable aux essais cliniques d’un futur vaccin dans son pays, interpelle en Afrique, alors que l’ensemble du continent s’est fortement indigné suite aux propos tenus sur une chaine d’information française par des médecins jugeant nécessaire de mener, sur les populations africaines – qualifiées d’« hautement exposées » et comparées « aux prostituées » dans le cas du VIH – des études expérimentales en vue d’arriver à un vaccin.

Alors que l’épidémie n’en est qu’à ses débuts sur le continent, en comparaison avec les régions du Monde les plus touchées, d’aucuns prédisent que l’Afrique sera le « dernier épicentre » de la pandémie liée au nouveau Coronavirus. Sur le plan sanitaire, malgré un système de santé globalement faible et très fragile dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne, la question de la capacité de résistance et de résilience du continent face au Covid-19 reste certes entièrement posée. Dans l’attente d’un avis scientifique démontré, il serait illusoire de penser que l’Afrique, qui présente certains avantages démographiques, tels que la part de 3% de la population âgée de plus de 65 ans, celle qui semble être la plus impactée par les complications liées au Covid-19, serait plus à l’abris que d’autres régions possédant un taux plus important de personnes dans cette tranche d’âge.

Évolution des cas positifs au COVID-19 en Afrique

Si la jeunesse du continent représente très certainement une force et un atout, il n’en reste pas moins que les populations d’Afrique subsaharienne présentent des risques de comorbidité plus élevées qu’ailleurs, compte tenu de l’importante exposition aux maladies pulmonaires ou aux syndromes paludiques. La difficulté de mettre en place des normes de distanciation sociales au sein de population vivant dans la précarité ou de faire respecter les gestes barrières dans un continent souffrant de stress hydrique, favorisera de fait la large propagation du virus. Il faut garder à l’esprit la déclaration du Président Talon, qui est la fois symptomatique, mais également symbolique, des réalités socio-économiques de nombreux pays africains : le confinement d’abord c’est le « risque d’affamer tout le monde ».

Il est, aujourd’hui, communément admis qu’en l’absence de vaccin, qui, selon les plus optimistes ne devrait pas voir le jour avant 12 à 18 mois, ou de traitement validé par la communauté scientifique, la distanciation sociale reste l’arme la plus efficace pour lutter contre la propagation d’un virus qui ne se déplace qu’à travers l’interaction humaine. Comme j’ai eu l’occasion de l’évoquer dans une précédente Tribune, de nombreux pays africains risquent, à défaut de confinement généralisé et en l’absence de système de santé capable de prendre en charge l’arrivée massive de patients positifs, de devenir, malgré eux, un réel laboratoire du principe de l’ « immunité de groupe », potentiellement au prix d’une catastrophe humanitaire plus grave encore que toutes celles connues récemment sur le continent. Assertion qui ne manquera, sans doute, pas de plaire à certains pourfendeurs de l’apocalypse, jamais trop avares de porter atteinte à la fierté et à la dignité des africains, mais qui dénote de la gravité du risque sanitaire qui plane sur notre continent, en cas de large propagation du Covid-19, si rien n’est fait pour l’accompagner.

A ce stade, et malgré les expériences liées à Ebola ou au VIH, de nombreux pays africains font partie des plus faibles en termes de capacité de réponse sanitaire. Le nouveau Coronavirus se distingue par la nécessité, en cas de complications respiratoires des patients, pour les systèmes de santé de pouvoir disposer massivement d’unités de réanimation et de lits équipés de respirateurs. Si de nombreux pays augmentent, voire doublent, en seulement quelques semaines, leur capacité en lits de réanimation, en Afrique subsaharienne la réalité est toute autre. Avant même cette pandémie, les systèmes sanitaires subsahariens étaient déjà largement sous équipés et sous tension permanente compte tenu de la prolifération de nombreuses autres pathologies graves. On peut aussi légitimement se demander comment un pays comme le Nigéria, Nation la plus peuplée et première économie du continent, peut-il faire face au Covid-19 alors qu’il ne compte que 250 lits de réanimation avec respirateur pour près de 200 millions d’habitants. Et que dire de la Sierra Leone, qui n’en compte qu’un seul pour une population de 6,5 millions d’habitants ?

Nombre de respirateurs dans les pays d'Afrique Sub-saharienne

C’est dire l’incapacité structurelle pour la grande majorité des pays africains à pouvoir affronter la vague épidémique qui s’annonce, d’autant plus que les puissances habituellement disposées à leur venir en aide lors des crises sanitaires, sont elles-mêmes confrontées au pire. Aucun système de santé au Monde, même le plus performant, n’était préparé à affronter ce fléau dont les conséquences étaient, jusqu’il y a encore quelques semaines, impossibles à admettre tant elles pouvaient nous paraitre impensables, voire même irréelles. Mais si l’Afrique accuse un retard structurel lié à la faiblesse de son système de santé, son « retard épidémique » par rapport aux pays les plus touchés pourrait, in fine, correspondre à un véritable « atout ». Le continent aurait essentiellement besoin, demain, de ce dont l’Europe a besoin, aujourd’hui, et qui, je l’espère, ne lui sera bientôt plus utile.

Si la courbe épidémiologique africaine montre que le continent reste, dans sa globalité, pour le moment relativement épargné, il n’en reste pas moins qu’il est tout de même touché, et de plein fouet, par le ralentissement de l’activité économique mondiale et par la récession enregistrée au sein des principales puissances mondiales. En attendant une éventuelle dégradation de la situation sanitaire, si rien n’est fait pour aider le continent à en surmonter la gravité, la crise économique est déjà une réalité africaine. L’Afrique n’est pas déconnectée ou exclue de la globalisation, elle est frontalement touchée par les conséquences économiques de cette crise sanitaire, et ce depuis la mise en place au mois de janvier du confinement en Chine. La rupture des chaines d’approvisionnement et la fermeture des ports ont entrainé une chute drastique des exportations africaines, alors que 51% d’entre-elles sont destinées aux pays les plus touchés par le Covid-19. A terme, la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) prévoit une baisse de 35% des importations et des exportations du continent, ce qui représenterait une ponction des flux commerciaux de près de 270 milliards de dollars.

La baisse du prix des matières premières et principalement du baril de pétrole, due aux tensions entre la Russie et l’Arabie Saoudite, impacte très fortement les pays productifs, tels que le Nigéria ou l’Angola, qui se voient contraint de freiner leur production industrielle. Bien entendu, et comme partout, l’activité touristique est à l’arrêt, ce qui devrait, selon l’UA, coûter au secteur du tourisme africain « au moins 50 milliards de dollars ». Selon une étude de l’Institution panafricaine, 20 millions d’emplois sont menacés en Afrique, sans compter l’impact dramatique sur les travailleurs opérant dans le secteur informel. Alors que la Banque Africaine de développement (BAD), tablait au début de l’année sur une croissance de 3,4% en Afrique, l’UA évoque désormais des projections de croissance négative variant de - 0,8 % à - 1,1 %.

Croissance africaine prévue en 2020

L’Afrique, comme tous les continents qui combattent cet ennemi invisible et les conséquences économiques inhérentes à cette guerre sanitaire globale, portera sa croix et mènera bataille. L’Afrique, face à cet ennemi, ne saurait être impuissante. L’Afrique, qui en a vu d’autres, sait se montrer forte et résiliente. L’Afrique, comme à chaque fois condamnée à l’avance, n’a pourtant jamais été vaincue, quelle que soit l’ampleur de la menace. L’Afrique, voisine de l’Europe, à la fois proche géographiquement et lointaine dans les esprits, fait partie d’un tout, dans un Monde fait d’interdépendances, pour le meilleur comme pour le pire. Face à ce mal sournois et invisible, l’Humanité dans son ensemble doit pouvoir faire corps, faire Humanité tout simplement. Parce que l’Afrique est interconnectée au reste du Monde, elle ne saurait être laissée pour compte, tout simplement parce que condamner l’Afrique à se battre seule face au Coronavirus, et à ses conséquences économiques, reviendrait à condamner inéluctablement le Monde, et notamment l’Europe, à affronter une deuxième vague de l’épidémie.

Le G20 et l’Union Européenne se sont entendus pour injecter dans leurs économies respectives plus de 6000 milliards de dollars pour mettre fin à la crise sanitaire, pour répondre à ses conséquences socio-économiques et pour relancer l’activité productive. Selon les experts le continent africain n’aurait besoin « que » de 200 à 300 milliards pour affronter et dépasser la crise du Covid-19, soit 3 à 5% « seulement » du montant alloué à cet effet par les grandes puissances. L’Union Européenne (UE), a d’ailleurs annoncé qu’elle « garantissait », drôle d’expression en période de crise, 15 milliards d’Euros à l’Afrique. C’est dire que nous sommes encore très loin du compte.

Sur le plan sanitaire, de nombreux pays africains doivent pouvoir disposer au plus vite d’une plus grande capacité de protection des personnels de santé, de tests de dépistages et de respirateurs. Sans aide internationale, ils n’y arriveront pas. Sur le plan économique, le fardeau des Etats africains doit pouvoir être allégé, avec à minima un moratoire sur la dette, estimée à 236 milliards de dollars (145 milliards uniquement avec la Chine) et l’annulation des intérêts (les taux pour l’Afrique sont en moyenne de 7% alors que de nombreux Etats empruntent à taux 0 ou à taux négatif). Le Président Macky Sall propose l’annulation de la dette publique africaine et le réaménagement de sa dette privée. Un groupe de travail au sein de l’UA vient d’être installé pour étudier les modalités de mise en œuvre de cette proposition.

Quoi qu’il en soit, cette crise nous renseigne sur l’importance du renforcement du rôle de l’Etat, qui est remis, en temps de crise, au centre du jeu économique et social. L’Etat qui mène deux batailles en parallèle, le combat sanitaire et le combat économique, se doit d’injecter massivement de l’argent dans l’économie pour soutenir les entreprises, mais aussi les PME, afin de relancer l’investissement et pour doper efficacement la consommation intérieure. Certains Etats africains plus forts, s’ils sont soutenus par les institutions financières internationales, répondront mieux que d’autres beaucoup plus faibles. Les Etats fragiles ou quasi faillis devront être également soutenus, à travers des mécanismes dédiés, conditions indispensables pour éviter la propagation de la menace sécuritaire. Si la nature à horreur du vide, les groupes armés et djihadistes ne se feront pas prier pour le remplir.

Les Etats africains les plus résilients face à la crise, devront mettre en place des solutions d’indépendance dans l’interdépendance. Cette crise nous enseigne l’importance de la Souveraineté Industrielle. A charge pour les pays africains, ceux qui le pourront, d’amorcer progressivement la construction d’une industrie locale pour réduire le choc potentiel de la rupture des chaînes d’approvisionnement, pour diminuer l’importation des produits finis ou semi-finis, qui peuvent être produits localement, pour pouvoir créer des emplois industriels durables, et, bien entendu, pour favoriser l’augmentation des recettes fiscales. L’idée est de pouvoir permettre à l’Afrique de prendre en main son destin industriel afin d’intégrer les chaînes de valeur et de productions mondiales. La relance économique du continent africain passe inévitablement par là. L’intérêt de l’Europe aussi.

L’importance de la Souveraineté et de l’indépendance industrielles en temps de crise sanitaire, le Maroc l’a très vite saisie. Elles font intégralement partie de l’arsenal multidimensionnel mis en place par le Royaume, sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI, pour répondre efficacement à la crise. Le Maroc, qui a choisi, très tôt, d’affronter frontalement le Covid-19 et ses conséquences socio-économiques, quel qu’en soit le prix, donnant, par là-même, à cette expression une matérialisation concrète, a fait de l’interventionnisme de l’Etat la vérité de l’heure, avec pour seul objectif de garantir la sécurité nationale au sens le plus large du terme. J’ai eu l’occasion de l’affirmer récemment, la « Main Royale ne tremble pas », elle agit et ne se dérobe pas. Rien n’est laissé au hasard. Les paradigmes ont vite évolué, bouleversant ainsi les totems, les tabous et les certitudes, faisant, à l’occasion, voler en éclat certaines vérités, devenues le temps d’une crise, de vulgaires inepties.

L’équation est simple. Le Royaume, grâce à Son Souverain, a su parfaitement associer, en moins d’un mois, remise à niveau sanitaire, distanciation sociale, solidarité nationale et souveraineté industrielle. Ce faisant, le Maroc propose, pour faire face au fléau, la réponse la plus forte, la plus complète et la plus large en Afrique. Ce statut, renforcé bien entendu par la très forte tradition séculaire de coopération avec son continent d’appartenance, permettra sans doute, très prochainement, au Royaume, de greffer un cinquième axe de riposte au Covid-19, celui de la solidarité africaine. Avec la perspective de production de 5 millions de masques par jour, de 500 respirateurs d’ici deux semaines et incessamment de tests de dépistages, le Maroc, une fois son auto-suffisance assurée, pourra, opérationnellement et très concrètement, accompagner de nombreux pays frères dans l’amélioration de leurs réponses sanitaires. Plus tard, dès la reprise de l’activité économique, le Royaume, deuxième investisseur africain en Afrique, le premier en Afrique de l’Ouest, pourra opportunément, à travers ses entreprises, accompagner la stratégie de réindustrialisation de nombreux pays partenaires.

Cette crise du Covid-19 impose, plus que jamais, à l’Afrique le devoir de (re)prendre son destin en main. Le retour de l’Etat-Nation, le chant du signe d’une UE complétement dépassée, l’isolationnisme américain, plus que jamais assumé au moment où le Président Trump menace de retirer son financement à l’OMS, mais, surtout, l’émergence de la Chine, où on observe un rebond de l’activité industrielle, en tant qu’acteur concret, en période de crise, de la coopération et de la solidarité internationales – venant en aide matériellement à travers la livraison de masques, de tests, et de respirateurs à une vingtaine de pays africains tout en affirmant sa disponibilité à discuter de la renégociation de la dette – nous pousse à nous interroger sur la fin de l’Occident, tel que nous l’avons toujours perçu.

Dans un Monde fait d’interdépendances, le Covid-19, pour reprendre une expression chère au Président Macky Sall, est une « menace transfrontalière ». Il est parfaitement légitime, par réflexe d’autodéfense face à la dureté de la crise et à son caractère, par nature, imprévisible, que la priorité soit nationale. Cependant, il faut avoir à l’esprit que les impacts nationaux se répondent et augmentent ainsi les conséquences globales de la menace, qu’elles soient sanitaires, sociales ou économiques. Oublier l’Afrique reviendrait alors à accepter l’effet boomerang et à assumer le retour du bâton de l’inaction.


Président de l’Institut Amadeus

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