Afrique: Banque mondiale - Confinement déconseillé par Africa's Pulse

Le rapport Africa's Pulse de la Banque mondiale laisse penser que le confinement tel qu'il est édicté dans les pays européens pourrait ne pas être efficace dans le contexte africain.

Confiner ou ne pas confiner. Telle est la question. Le dernier rapport Africa's Pulse de la Banque mondiale indique qu'une «réponse politique africaine différenciée est absolument nécessaire » pour lutter contre la propagation du covid-19. Ce rapport publié ce mois apporte des éléments de réponses sur l'impact économique de la pandémie et les réponses politiques en Afrique subsaharienne. Le rapport estime qu'il est important d'adapter la réponse politique de manière à refléter les caractéristiques structurelles des économies africaines. « Avec l'évolution de la situation, de nouvelles questions se posent quant à la pertinence et l'efficacité probable de certaines de ces politiques, telles que les mesures strictes de confinement », peut-on lire dans le rapport.

Les auteurs ont rappelé la taille importante du secteur informel sur le continent ainsi que la précarité de la plupart des emplois mais également la prédominance des micro, petites et moyennes entreprises. Pour eux il est important de prendre en compte cette part importante de la population qui risque d'affecter l'efficacité des mesures agressives de confinement. Le rapport rejoint ainsi plusieurs réactions de personnalités qui vont dans ce sens comme le directeur de l'Institut pour le futur du savoir, à l'université de Johannesburg Alex Broadbent qui a affirmé dans les colonnes d'Ouest-France que le confinement n'est pas une bonne mesure pour l'A frique. «Protéger les groupes vulnérables, intensifier les tests et encourager le port de masques pourraient s'avérer être de meilleures options», lance le rapport Africa's Pulse qui précise que les pays africains se sont inspirés rapidement de l'expérience internationale émergente pour faire face au covid-19.

Assurer la survie

D'un autre côté, l'économiste en chef de la Banque mondiale pour la région Afrique Albert Zeufack a fait savoir que le secteur informel représente 90% de la force de travail. Intervenu en direct sur Facebook, il a indiqué que travailler dans l'informel n'est pas du chômage mais ne permet pas d'avoir un revenu pour vivre décemment. Le problème d'après lui c'est qu'il est difficile pour ces personnes de survivre sans compensation. C'est ainsi que le rapport insiste sur la protection les moyens d'existence parallèlement à la nécessité de sauver des vies. «Ceci implique à court terme une combinaison de mesures palliatives et de mesures de stimulation pour garder l'économie en état de marche», souligne le rapport. Pour ce qui est du secteur informel, les auteurs avancent un programme de protection sociale avec des transferts en espèces ou des transferts en nature. Pour maintenir les emplois existants, ils recommandent des subventions salariales.

Le gouvernement malgache est justement en train de mettre en place un plan de mitigation afin de préserver les entreprises existantes et d'anticiper les opportunités afin d'établir de nouveaux mécanisme pour repositionner Madagascar, selon les mots de la ministre de l'Industrie, du commerce et de l'artisanat, Lantosoa Rakotomalala.

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