Sénégal: Dotation d'une industrie pharmaceutique - Et si l'on encourageait la production nationale ?

L'apparition du Covid-19 au Sénégal devra certainement être une occasion pour encourager la production nationale de médicaments surtout avec le groupe Téranga Pharma qui a repris l'usine Pfizer qui a quitté Dakar en 2017.

Le groupe créé par des Sénégalais ambitionne une «production de médicaments pour 90% des maladies les plus fréquentes au Sénégal» et une «réduction de la rupture des médicaments et de vente potentielle de faux médicaments» sans oublier la création d'emplois qu'elle va occasionner.

Qui plus est, aujourd'hui les effets rassurants de la chloroquine sur les patients du covid-19 arrivent à une période où ce médicament n'est plus fabriqué au Sénégal.

Ce qui a même permis au gouvernement d'engager des négociations avec Medis pour une reprise de ses activités.

La firme pharmaceutique tunisienne qui avait racheté le laboratoire Sanofi après le départ de Pfizer, avait mis au chômage technique ses 320 salariés à Dakar.

A l'heure où on parle d'effets de chloroquine sur les patients du covid-19 et de réquisition de stocks d'immard (200) d'Hyquin 200 et de Plaquenil 200 par le ministère de la Santé et de l'Action sociale, il urgerait de soutenir les nationaux pour répondre au besoin de souveraineté pharmaceutique.

Sur ce, Teranga Pharma mérite un soutien de l'Etat. Ce groupe qui a pris le relais de l'usine Pfizer depuis juillet 2019 après qu'elle a quitté le Sénégal en 2017 pour s'installer au Maroc, s'est lancé dans la production et la distribution de médicaments en l'Afrique.

Ce, pour répondre à la demande urgente de fabrication de médicaments au Sénégal et sa distribution dans le continent.

«Il s'agit d'une nouvelle industrie pharmaceutique sénégalaise créée par des actionnaires sénégalais composés de plus de 600 pharmaciens, médecins, autres personnels de santé et d'investisseurs qui misent sur l'expertise locale en vue d'assurer la souveraineté pharmaceutique du Sénégal à l'horizon 2029 », explique le directeur général de Teranga Pharma, Dr Mouhamadou Sow.

Parmi les objectifs intermédiaires du groupe dont les premiers lots de validation seront faits en mai 2020, ajoute Docteur Sow, «la production de médicaments pour 90% des maladies les plus fréquentes au Sénégal, réduire la rupture des médicaments, diminuer la vente potentielle de faux médicaments, diminuer la sortie des devises, réduire le chômage des jeunes pharmaciens».

Selon Dr Mouhamadou Sow, «90% des profits devraient rester dans le pays. Or, aujourd'hui, il n'y a que 25% des profits qui restent au Sénégal».

Ainsi, pour faire de Dakar un hub pharmaceutique en 2025-2026, et assurer la souveraineté pharmaceutique à l'horizon 2029, le groupe qui ambitionne d'être une multinationale et devenir une entreprise communautaire, envisage de «produire 90 % des médicaments qui soignent 90% des maladies les plus fréquentes dans l'espace Uemoa» en vue d'un meilleur approvisionnement du marché.

En effet, depuis quelques jours, le débat sur les effets de la chloroquine sur les patients du covid-19 s'est posé.

Et Dr Moussa Seydi de l'hôpital Fann de Dakar dit utiliser ce médicament pour les patients. Cependant, il faut souligner que la chloroquine n'est plus fabriquée au Sénégal depuis 2002.

Ainsi, avec Teranga Pharma, les «médicaments qui sont ciblés sont les médicaments qui répondent aux besoins actuels et futurs des Sénégalais».

Ce qui pourra atténuer la «rupture» de médicaments. Toutefois, pour réussir son pari d'atteindre la souveraineté pharmaceutique à l'horizon 2029, Téranga Pharma veut s'appuyer sur l'Etat, le ministère de la Santé, l'administration et espère bénéficier des exonérations fiscales.

«Si nous avons ces appuis-là, nous pourrons faire mieux que ces entreprises étrangères qui étaient là et qui sont reparties après avoir tiré profit de notre pays», laissent entendre les membres du groupe Téranga Pharma.

En effet, depuis quelques semaines, le gouvernement est en négociation avec Médis, la firme pharmaceutique tunisienne qui avait racheté le laboratoire Sanofi (Winthrop) qui avait mis au chômage technique ses 320 salariés à Dakar.

Toutefois, selon certains spécialistes de la santé, les problèmes financiers évoqués par Médis pour «justifier sa restructuration sont peu crédibles».

«L'erreur qu'on a faite depuis le début de l'indépendance, c'est d'avoir fait confiance aux étrangers et à chaque fois, ils nous ont toujours lâchés.

Nous sommes des Sénégalais, nous restons ici et les profits générés par le marché du médicament resteront dans ce pays.

Aujourd'hui, la réalité du médicament c'est que plus de 75% des profits des médicaments ressortent», fait savoir le directeur de Téranga Pharma.

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