Mali: Adresse du Président de la République, Ibrahim Boubacar Keita à la Nation sur la pandémie du COVID-19

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Mes chers compatriotes,

Respectés hôtes du Mali,

Ce sera la troisième fois ce 10 avril 2020 que je m'adresse solennellement à vous au sujet du COVID-19. Les fois précédentes, en particulier le 17 mars dernier, quand nous tenions un Conseil National de Défense Extraordinaire avec pour seul ordre du jour, la terrible pandémie, notre pays n'enregistrait encore aucun cas. Il cherchait alors à anticiper, à prendre les devants, à prévenir le mal, car la prévention est la réponse la plus indiquée pour un pays comme le nôtre, aux moyens modestes et aux défis multiples.

Aujourd'hui, le virus tant redouté est dans nos murs. La bonne nouvelle, certes, est que certains d'entre nous en ont déjà été guéris. Hier, le pays entier a été témoin de l'heureuse guérison et libération de notre compatriote qui avait été infectée la première, nous lui souhaitons le meilleur. La mauvaise nouvelle, cependant, est que d'autres en sont, hélas, décédés.

A la date d'aujourd'hui, nous comptons 87 patients infectés au Mali. Ce chiffre, malheureusement, irait crescendo dans les jours à venir, si le mal déroulait chez nous son impitoyable mécanique, comme il l'a fait ailleurs, répandant le deuil sur son passage, suscitant partout peur et angoisse, et malmenant les économies les plus solides.

Car le mal est chez nous, nous devons serrer les rangs, unis et mobilisés à tout instant. Nous devons le vaincre. Nous pouvons le vaincre. Avec plus de vigilance, avec plus de discipline, dans la sérénité et dans la solidarité. J'y reviendrai.

Je viens de voir un élément de notre télévision nationale, où certains s'en disaient encore sceptiques, ne croient pas encore à l'existence du mal, à sa présence au-dedans de notre pays, parmi nous. Ils se trompent! J'ai entendu, un jeune homme, un de mes fils, dire qu'il n'y croyait pas du tout, il n'était prêt à y croire, ni hier, ni aujourd'hui, ni demain. Fiston, reviens sur terre, ce mal existe et a fait des dégâts, de grandes personnalités africaines en ont été victimes, de grands artistes ne sont plus.

Tout le monde a entendu ce départ de Manu DIBANGO, tous les sportifs africains ont entendu que l'ancien président de l'OM, Pap DIOUF, n'était plus de ce monde. Les amateurs de musique, outre Manu DIBANGO, ont entendu également qu'Aurlus Mabélé était également de ceux qui nous ont quittés: le mal est donc bien là!

Il sied, qu'avant toute chose, je salue notre personnel de santé, ces aide-soignants, ces manœuvres, ces infirmiers, ces ambulanciers, ces médecins, ces laborantins, le personnel administratif des services de santé ainsi que les membres du Conseil Scientifique National.

J'aimerais leur dire ici et maintenant, et je suis sûr d'être votre fidèle interprète en le faisant, que la nation est fière d'eux. Ils sont nos héros, ils sont les filles et les fils émérites de ce pays dont ils se montrent dignes de l'Histoire, des enjeux et des ambitions.

Du fond du cœur, je salue ensuite les forces de sécurité et de défense qui, soir après soir, s'assurent que le couvre-feu est respecté, pour le plus grand bien de nos compatriotes et de leurs hôtes, pour le plus grand bien de l'ensemble national. Car il faut que nous en soyons tous plus conscients : face à la tragédie du COVID-19, il nous incombe à tous et à chacun d'éviter d'être à la fois « la victime et le bourreau, la plaie et le couteau », pour reprendre le poète.

Je salue enfin ces Maliennes et ces Maliens sans grands moyens qui font pourtant tout pour respecter les gestes-barrières et ce, dans le but de se protéger et de protéger les autres. Ces femmes qui mettent le masque pour aller au marché, et qui se tiennent à distance requise, méritent d'être citées en exemple. Ces passagers qui mettent le masque pour prendre les transports en commun méritent nos égards. Tout comme ces personnes qui, sans attendre quelle que consigne que ce soit, décident d'éviter les attroupements, sur les lieux de culte et ailleurs, dans le souci d'eux-mêmes bien entendu, mais aussi pour ne pas prendre la responsabilité de contaminer une brave épouse, un vieux père, une vieille mère.

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