Afrique de l'Ouest: Lutte contre Boko Haram - Super Déby et les poltrons du Lac Tchad

Suite au massacre de 98 militaires tchadiens perpétré par Boko Haram, le président Idriss Déby, avait, en guise de représailles, conduit à partir du 23 mars dernier une opération dénommée «La colère de Boma », du nom de la province du Lac Tchad attaquée par la secte. En bon militaire, il a donc revêtu sa tenue de général pour croquer du djihadiste.

Certes, l'armée tchadienne estime avoir perdu 52 soldats pendant l'intervention, mais le bilan est visiblement très positif, si l'on prête foi aux communiqués de guerre y relatifs qui font état d'un millier de combattants d'Abubakar Shekau mis hors d'état de nuire.

Mieux, ceux qui ont eu la chance d'échapper aux foudres du téméraire Déby n'ont dû leur salut qu'à la fuite, notamment vers le Niger et le Nigeria. A l'écouter, il n'y a plus un seul élément de Boko Haram sur le sol tchadien. Mais comme dans tout communiqué de guerre qui se respecte et où il y a souvent une grande part d'agit-prop, on ne sait quelle est la part de vérité dans toute cette affaire. On se demande seulement comment peut-on être si sûr que tout le territoire a été nettoyé, quand on sait que le fort d'une nébuleuse, c'est sa mobilité et la capacité à s'intégrer au sein de la population. Sur le front de chaque personne qui en est membre, il n'est pas écrit « Boko Haram ».

Bref, après cette guerre, le président Idriss Déby en veut beaucoup à ses voisins immédiats, notamment le Niger et le Nigeria, qu'il accuse de l'avoir abandonné pendant l'opération. Il sort le lance-flammes en ces termes : « Nous nous sommes battus seuls, devant l'indifférence et sans le soutien des pays censés nous aider. Aucun de nos soldats ne participera désormais à une opération militaire en dehors du Tchad. Nous sommes capables de défendre l'intégrité de notre territoire ». Adieu donc Barkhane, la MINUSMA et le G5 Sahel ? Visiblement, N'Djamena a senti que son président est allé un peu loin, et son chef de la diplomatie a vite fait de recadrer qu'il ne s'agit pas pour le Tchad de rompre toute coopération militaire avec ses voisins.

Tout le monde reconnaît la vaillance de l'ancien chef rebelle et des soldats de la patrie de Tombalbaye qui paient un lourd tribut depuis des d'années dans la lutte contre Boko Haram. Quand bien même il aurait raison, et Dieu seul sait combien ils sont nombreux les Africains à avoir applaudi son courage et sa détermination pour avoir surtout été au-devant des opérations,

ce n'est pas une raison de jeter le bébé avec l'eau du bain. Difficile serait en effet la lutte contre le terrorisme sans la collaboration transfrontalière. Sans oublier que lui, il est militaire et se sent comme un poisson dans l'eau aux côtés de ses frères d'armes, à la différence d'un Mahamadou Issoufou ou d'un Roch Marc Christian Kaboré.

Plus de: L'Observateur Paalga

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