Burkina Faso: Le conseil d'administration du FMI approuve un décaissement de 115.3 millions de dollars pour faire au COVID-19

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 Le conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé aujourd'hui un décaissement de 84,28 millions de DTS (environ 115.3 millions de dollars, ou 70 % de la quote-part) en faveur du Burkina Faso au titre de la facilité de crédit rapide (FCR).

Le financement fourni au titre de la FCR contribuera à financer les mesures de santé, de protection sociale et de stabilisation macroéconomique, à répondre aux besoins urgents de balance des paiements résultant de la pandémie de COVID-19 et à catalyser une aide supplémentaire de la communauté internationale.

L'impact économique de la pandémie de COVID 19 se fait lourdement sentir au Burkina Faso, et les perspectives à court terme se détériorent rapidement. La pandémie survient à un moment où le Burkina Faso était déjà confronté à une crise sécuritaire accrue.

Les autorités ont riposté en mettant en place des mesures qui contribuent à limiter la propagation du virus, notamment en fermant les écoles et les universités, en interdisant les rassemblements de masse et en suspendant les voyages internationaux.

Quoiqu'absolument nécessaires pour contenir la pandémie, ces mesures, conjuguées aux effets de la riposte à l'échelle mondiale, ont considérablement aggravé les perspectives économiques à court terme.

Par conséquent ; la croissance économique réelle devrait ralentir notablement, et les déficits budgétaires aussi bien de la balance des paiements devraient se creuser considérablement.

Le Burkina Faso a aussi bénéficié des retombées de la décision du conseil d'administration du FMI du 13 avril 2020 donnant un allégement du service de la dette à tous les pays éligibles à au guichet de l'Association internationale de développement (IDA). Cet allégement est offert sous la forme de dons au titre du fonds fiduciaire d'assistance et de riposte aux catastrophes (fonds fiduciaire ARA).

En conséquence, le Burkina Faso recevra de ce fonds fiduciaire un allégement du service de sa dette envers le FMI arrivant à échéance au cours des six prochains mois (environ 11.9 millions de dollars). Cet allégement pourrait être prolongé jusqu'à deux ans au maximum, sous réserve de la disponibité des ressources du fonds fiduciaire ARA.

Le FMI continue de suivre de près la situation au Burkina Faso et est prêt à fournir des conseils sur les politiques à mettre en œuvre et un soutien supplémentaire en cas de besoins.

À l'issue des débats du conseil d'administration, M. Mitsuhiro Furusawa, directeur général adjoint et président par intérim, a fait la déclaration ci-après :

« Le Burkina Faso est durement touché par la pandémie de COVID 19. Les perspectives économiques à court terme se sont détériorées rapidement, ce qui aggrave les problèmes déjà posés par la crise sécuritaire dans la région du Sahel, ainsi que le nombre élevé de déplacés internes et les besoins d'aide humanitaire qui y sont associés.

Les mesures prises par les autorités pour limiter et atténuer les répercussions socio-économiques de la pandémie ont donné lieu à des besoins considérables et urgents de financement du budget et de la balance des paiements.

Étant donné l'incertitude qui entoure la durée et l'ampleur de la pandémie, les répercussions pourraient s'accentuer. L'aide d'urgence apporté par le FMI au titre de la Facilité de crédit rapide (FCR) fournira les ressources indispensables pour soutenir la réponse des autorités et aider à catalyser l'appui des bailleurs de fonds.

Un creusement du déficit budgétaire en 2020 est justifié afin de créer une marge de manœuvre pour des dépenses de santé, les filets de protection sociale et l'atténuation de l'impact économique des chocs. Il est crucial que les dépenses soient priorisées, bien ciblées et efficaces.

Les mesures budgétaires introduites en riposte aux chocs devraient également être temporaires afin d'assurer la viabilité à moyen terme de la dette publique.

Une fois l'impact de la pandémie de COVID-19 atténué, la politique budgétaire devra être rééquilibrée pour la rendre davantage propice à la croissance, notamment en réduisant les transferts courants et en augmentant l'espace budgétaire nécessaire pour les dépenses de développement financées sur ressources intérieures.

Un soutien extérieure supplémentaire, de préférence sous forme de dons, est requis de toute urgence pour aider le Burkina Faso à répondre aux besoins de financement élevés, alléger la charge financière de la pandémie et préserver la stabilité macroéconomique ainsi que ses gains récents de développement. »

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