Zimbabwe: L'eau insalubre aggrave les risques liés au COVID-19

#Zimbabwe : Crise de l'#eau dans le contexte du #COVID19. Une action gouvernementale à #Harare et ailleurs est plus urgente que jamais, comme l’explique @dewamavhinga @hrw.
communiqué de presse

(Johannesburg, le 15 avril 2020) - Le gouvernement du Zimbabwe devrait inclure d'urgence la fourniture d'un accès continu et bon marché à de l'eau salubre et en quantité suffisante pour toute la population parmi les mesures à prendre pour lutter contre le Covid-19, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Bien avant l'apparition de la pandémie de coronavirus, la majeure partie du Zimbabwe souffrait d'une grave crise dans le domaine de l'eau et des installations sanitaires. Le 30 mars 2020, le Zimbabwe, comme beaucoup d'autres pays, a instauré un confinement général afin de ralentir la propagation du virus.

« Faire respecter les consignes de distanciation sociale est d'une importance critique pour enrayer la propagation du Covid-19, mais la population a besoin d'eau salubre pour boire, pour se laver les mains et pour son hygiène », a déclaré Dewa Mavhinga, directeur pour l'Afrique australe à Human Rights Watch. « Le gouvernement du Zimbabwe doit assurer un approvisionnement ininterrompu en eau potable pour chaque citoyen, sans quoi il devra faire face à des risques accrus en matière de santé car la population aura recours à d'autres sources d'eau, non sûres. »

Plus de deux millions de personnes vivant dans la capitale, Harare, et dans sa grande agglomération comprenant les cités satellites de Chitungwiza, Epworth, Ruwa et Norton, ne disposent pas à leur domicile de l'eau courante pour boire, ni de services adéquats d'évacuation des ordures et des eaux usées. Des milliers de femmes et d'enfants d'âge scolaire peuvent passer huit à neuf heures et toute la nuit à faire la queue pour accéder à des points d'eau ou à des puits pour se procurer de l'eau dont la pureté n'est pas garantie.

Au cours des trois dernières décennies, le Zimbabwe a connu un recul graduel de son accès à de l'eau propre et potable. En 1988, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) ont indiqué que plus de 84% des Zimbabwéens avaient accès à de l'eau potable. De 2000 à 2017, la proportion de personnes disposant d'un accès à de l'eau potable et à un service d'eau courante de base a diminué, passant de 72% à 64%, et l'accès à des installations sanitaires de base à également diminué, de 46% à 36%.

La constitution du Zimbabwe, qui date de 2013, prévoit dans sa section 77(a), que « chaque personne a droit à de l'eau saine, pure et potable. » L'OMS a établi que, pour boire et pour son hygiène, chaque personne a besoin chaque jour de 20 à 50 litres d'eau ne contenant ni produits chimiques dangereux ni contaminants microbiens.

Lors d'une situation d'urgence en matière de santé publique, le gouvernement peut restreindre certains droits, comme la liberté de mouvement, quand c'est strictement nécessaire et fondé sur des considérations scientifiques et lorsque c'est appliqué de manière non arbitraire ni discriminatoire, limitée dans la durée et respectueuse de la dignité humaine. Cependant, le gouvernement demeure dans l'obligation d'assurer que les besoins de base des personnes auxquelles le confinement est imposé soient satisfaits, notamment l'accès à la nourriture, à l'eau et aux services médicaux.

Les autorités zimbabwéennes devraient fournir d'urgence d'autres sources d'eau douce potable, comme des puits artésiens sûrs et des puits protégés, et éduquer la population sur des méthodes simples et bon marché de stockage et de livraison d'eau potable. Les autorités devraient également s'assurer qu'il y ait suffisamment de points d'eau à travers le pays pour éviter leur encombrement et permettre aux citoyens de respecter les consignes de distanciation sociale.

« Le Covid-19 a rendu encore plus critique une crise de l'eau qui était déjà aigüe et dangereuse au Zimbabwe », a affirmé Dewa Mavhinga. « Si le gouvernement ne parvient pas à fournir de l'eau salubre en quantité suffisante, ses efforts pour lutter contre le virus et protéger la population seront gravement compromis. »

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