Congo-Kinshasa: Craintes de contagion du COVID-19 - 700 détenus et 20 mineurs libérés de Makala

15 Avril 2020

Le covid-19, cet ennemi invisible qui a affecté quelques compatriotes et en a emporté plus d'une dizaine, a poussé les dirigeants congolais à prendre des mesures administratives pour briser la chaine de contamination et en limiter les dégâts.

Le procureur général près la Cour de cassation sur instruction du gouvernement, avait chargé les présidents des juridictions, les procureurs et les responsables des établissements pénitentiaires, à examiner les dossiers des prisonniers sous leur gestion. Et ce, en vue de libérer les condamnés ayant purgé la majeure partie de leurs peines d'emprisonnement, les détenus préventifs ayant passé plus d'une année sans le démarrage de leurs procès, les mineurs détenus pour des faits pénaux mineurs et autres cas qui peuvent être examinés sans enfreindre les dispositions légales en matière de détention.

Dans les milieux carcéraux, un effort était demandé aux responsables de toutes les juridictions d'apprécier au cas par cas, la possibilité de désengorger les prisons aujourd'hui toutes surpeuplées et qui ne peuvent héberger qu'un dixième de leur population pénitentiaire. Depuis le lancement de mesures de prévention, de Tribunaux de paix à la Cour de cassation, en passant par les Tribunaux de grande instance et les Cours d'appels, ainsi que les juridictions militaires, les juges, tout autant que les magistrats de parquets civils et militaires, effectuent dans les centres pénitentiaires, de Kinshasa et de l'intérieur du pays, un travail harassant de tamisage en passant à la loupe, les dossiers judiciaires en introduction, ceux en cours d'instance et ceux déjà prononcés. Il s'agit d'examiner l'état de détention de chaque détenu préventif, de régulariser les cas qui méritent de l'être, et des condamnés ayant purgé la majeure partie de leurs peines en prison.

Les magistrats et les juges devaient examiner également les cas des mineurs en conflit avec la loi et qui se trouvent en détention préventive et même ceux déjà condamnés. Pour cette catégorie des prisonniers, il avait été demandé aux responsables des juridictions et offices du ministère public d'accélérer la procédure pour l'instruction de leurs dossiers judiciaires. Lors de cet examen, l'on devrait remettre en liberté les détenus mineurs d'âge enfermés pour des cas bénins. Et ce, dans le but de désengorger les prisons toutes souffrant de surpopulation.

A Kinshasa, le laborieux travail effectué jusqu'ici par les juges des cours et tribunaux, ainsi que les magistrats de parquets, à en croire une source judiciaire, a permis de libérer jusqu'au 14 avril 2020, 700 détenus et 20 mineurs d'âge. Ce n'est pas assez, peut-on constater. Mais c'est déjà assez, si l'on sait que la Prison centrale de Makala avait hébergé près de 8.000 pensionnaires. C'est ainsi qu'il faut saluer cette volonté des autorités judiciaires d'éviter que les milieux carcéraux, par ces temps de covid-19, ne soient les foyers de contamination par excellence de coronavirus.

On s'imagine aisément les dégâts commensurables que cette pandémie peut causer, aussi bien au sein de la population carcérale à cause de la promiscuité et de mauvaises conditions de détention. N'étant pas épargnés les membres de leurs familles peuvent à l'occasion de visites en prison, contracter la maladie et en assurer une large propagation dans leurs communes. Il en est de même du personnel administratif, technique et médical travaillant dans les centres pénitentiaires. Ils sont tous exposés et ne sont donc pas à l'abri de cette maladie, ni par le port du cache-nez, ni des gants, ni par le lavage régulier des mains.

Encore faut-il que toutes les précautions soient prises pour tester les détenus libérés avant leur retour dans leurs familles. Une moindre défaillance dans ce sens, peut entraîner de situations déplorables difficiles à gérer.

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