Congo-Kinshasa: Allo messieurs les bourgmestres !!!

16 Avril 2020

Alors que la vie s'est pratiquement arrêtée à Gombe, où la décision de sa mise en quarantaine s'est traduite par la fermeture sans appel du Marché Central, des supermarchés, des magasins de gros comme de détail, les messageries financières et des bureaux fixes comme ambulants des cambistes, des pharmacies, des restaurants, des stations-services, des bureaux de plusieurs administrations, des entreprises publiques et privées, les populations des 23 autres communes de la ville de Kinshasa ont continué à se comporter comme en temps normal.

Pourtant, elles constatent, comme leurs frères et sœurs de Gombe « confinés », que les écoles, les universités, les terrasses, les salles de fêtes, les funérariums, les compétitions sportives ont suspendu leurs activités.

Alors que sont interdits les rassemblements de plus de 20 personnes, le transport de plus de plus d'une personne sur une moto, de 3 dans les taxis, de 10 dans les taxi-bus, de 16 dans les bus « Esprit de vie » et 20 dans ceux de Transco, on note une démission quasi-totale des bourgmestres dans l'accompagnement du gouvernement central comme provincial pour faire respecter ces mesures. Plus grave, les autorités municipales ne se signalent pas sur le terrain en vue de conscientiser leurs administrés sur l'observation des gestes-barrière tels que le lavement régulier des mains, le port des masques, la distanciation d'au moins un mètre, etc.

Dans les marchés, aucune norme d'hygiène n'est respectée dans la vente des denrées alimentaires de première nécessité. Les pains, les beignets, les feuilles de manioc, les poissons de mer, les poissons salés, la farine de manioc et de maïs, les patates douces, les cacahuètes... sont exposés à la poussière, aux mouches, cancrelats et autres insectes vecteurs de maladies.

Les rues et avenues, transformées en marchés permanents, le sont toujours par ces temps de coronavirus, provoquant des rassemblements de personnes dont le nombre est largement supérieur à 20. Tant que les bourgmestres ne se seront pas impliqués dans l'encadrement des mesures préventives du coronavirus, la ville de Kinshasa aura du mal à s'en débarrasser. Il faut même craindre une hécatombe sanitaire à bref délai, si les habitudes alimentaires et sociales ne changent pas et si les chefs des municipalités continuent de se comporter en « spectateurs » face au covid-19.KIMP

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