Burkina Faso: Amendes contre les contrevenants aux mesures de COVID-19

Dans un décret rendu public le 15 avril dernier, le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, précise les amendes que devront payer les contrevenants aux mesures prises pour lutter contre le Covid-19 dans notre pays.

Elles varient entre 5000 et 200 000 F CFA. A chacun donc de savoir se tenir à carreau sous peine de se voir infliger une lourde amende par ces temps difficiles où s'assurer la pitance quotidienne est devenu un véritable casse-tête. En tout cas, personnellement, j'ai beaucoup aimé cette fermeté affichée par l'autorité.

Car, les Burkinabè sont ainsi faits qu'ils sont durs d'oreille. Ils ne savent écouter que le langage du bâton. Je le dis d'autant plus volontiers qu'en dépit de la mise en quarantaine de la vile de Ouagadougou, il s'en trouve des gens qui en font à leur tête.

Conscients qu'ils ne peuvent pas passer par les axes routiers réguliers, ils ont développé une stratégie qui consiste à emprunter des pistes pour ainsi contourner les Forces de défense et de sécurité (FDS).

J'ai même entendu dire que les quelques cas de Covid-19 enregistrés à Falangountou dans le Sahel, l'ont été par le fait d'individus indisciplinés qui ont séjourné dans la capitale au moment où Ouagadougou était en quarantaine.

Voyez-vous ? Aidons nos autorités à combattre cette crise sanitaire et chacun reprendra après ses habitudes quotidiennes. Ce que je dis vaut bien aussi pour ces gens-là qui organisent à tout-va des mariages religieux durant cette période d'épidémie.

Quand je dis mariages, je parle des mariages religieux puisque les mariages civils, eux, sont suspendus jusqu'à nouvel ordre. J'en appelle ainsi au sens des responsabilités des leaders religieux qui se rendent ainsi complices de violation de mesures prises par les autorités administratives.

Que chacun fasse l'effort d'éduquer ses ouailles sur la nécessité de respecter les consignes

En tout cas, je veux que les uns et les autres comprennent que ce n'est pas de gaieté de cœur que les autorités ont pris certaines mesures.

Elles n'avaient pas d'autres choix que d'en arriver là. N'oubliez pas que d'autres pays comme le Rwanda, le Congo Brazzaville, la Tunisie, l'Afrique du Sud et j'en oublie, ont opté carrément pour un confinement total. Chacun reste cloîtré chez lui, de jour comme de nuit.

Le confinement n'étant pas possible chez nous, pour des raisons que chacun peut aisément deviner, l'autorité a fait ce qu'elle pouvait faire, tout en sachant que cela ne sera pas sans conséquence sur les populations dont la plupart tiraient déjà le diable par la queue. C'est pourquoi j'en appelle aussi à la responsabilité des hommes politiques.

Je les invite à mettre en berne leurs ambitions parfois perfides pour ne privilégier que l'intérêt du peuple.

Que chacun, de son côté, fasse l'effort d'éduquer ses ouailles sur la nécessité de respecter les consignes énoncées par les professionnels de la santé plutôt que de passer le temps à polémiquer inutilement.

C'est à ce prix et seulement à ce prix que nous vaincrons le Covid-19. En tout cas, moi, en ce qui me concerne, je suis confiné dans un immeuble depuis le début de la crise.

Je ne sors que pour chercher à manger mais j'avoue qu'avec les marchés fermés, ce n'est pas facile. Mais je tiens quand même le coup.

Plus de: Le Pays

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