Afrique: Conséquences du grand matraquage médiatique sur le COVID-19 par l'occident - Le continent maladroitement embarqué

Lorsqu'il s'agit de dénoncer les incongruités, les injustices et les incohérences du monde, Alpha Bondy, l'artiste ivoirien, ne porte pas de gants pour le faire. L'illustration en a été faite le 24 avril dernier.

En effet, joint par RFI ce jour-là à l'émission « Appel sur l'actualité », Alpha Bondy a dit tout le mal qu'il pensait de l'OMS (Organisation mondiale de la santé) et de l'Occident à propos de leur manière de gérer le paludisme.

Pour la star ivoirienne, la communauté internationale ne réagit pas à la hauteur des ravages causés par cette pathologie en Afrique. Et Alpha Bondy de faire la comparaison avec le Covid-19 en martelant ceci : « Ils n'ont pas trouvé de vaccin pour le paludisme.

Et maintenant que le Covid-19 tue des gens en Europe et aux Etats-Unis, toute la planète est bloquée ». Le message d'Alpha Blondy est clair. Le matraquage médiatique sur le Covid-19 est lié au fait que cette pandémie sévit principalement en Occident en terme de pertes en vies humaines.

L'Afrique doit se rendre à l'évidence qu'elle n'a pas les mêmes priorités que l'Occident en matière de santé

Si c'était l'Afrique qui en payait le prix le plus fort, l'Occident n'aurait pas déployé tant d'énergie pour arrêter le mal. L'on peut simplement avoir envie de dire à la suite d'Alpha Blondy et pour parler comme les Ivoiriens:

« C'est ça qui est la vérité » ! En effet, le monde peut s'accommoder d'une maladie dont les victimes sont essentiellement des non-Occidentaux. Ce fut le cas, peut-on dire, du Sida et d'Ebola. Mais le cas le plus révoltant est celui du paludisme. Cette pathologie est sans pitié, principalement en Afrique.

En tout cas, elle est de loin la maladie la plus mortelle sur le continent. En 2017, par exemple, elle y a causé plus de 400 000 décès.

Et cette hécatombe dure depuis la nuit des temps. Pour autant, l'OMS n'est pas encore parvenue à trouver un vaccin contre le mal. Cela traduit un manque de volonté des pays nantis, d'éradiquer la maladie.

Et ce manque d'engagement de leur part, est lié au fait que le paludisme ne peut prospérer que sous les tropiques. D'ailleurs, il se trouve, en Occident, des personnes cyniques qui croient, dur comme fer, que les ravages causés par le paludisme en Afrique, participent de la régulation de la population sur ce continent.

Et cela, à leurs yeux, n'est pas pour faire du mal à l'équilibre mondial en terme de nombre de population. Et ce que les cyniques disent haut, des dirigeants occidentaux le pensent bas. Bref, logiquement donc, l'Afrique doit se garder de compter sur l'Occident pour trouver des solutions aux problèmes africains.

C'est l'autre vérité de la star ivoirienne du reggae. En conséquence, il a invité les dirigeants africains d'une part, à relever impérativement les plateaux techniques des hôpitaux de leurs pays et d'autre part, à investir dans la recherche.

En tout cas, l'Afrique doit se rendre à l'évidence qu'elle n'a pas les mêmes priorités que l'Occident en matière de santé.

Ce qui implique qu'elle n'a pas intérêt à dupliquer servilement les mêmes méthodes de riposte. Malheureusement, c'est ce à quoi l'on assiste aujourd'hui dans presque tous les pays du continent.

Certaines mesures prises en Afrique dans le cadre de la lutte contre le Covid-19, sont en train de faire plus de mal que le mal lui-même

En dehors, en effet, du Bénin dont le président, Patrice Talon, a eu le courage et l'honnêteté d'affirmer, à la face du monde, que son pays ne peut aller au confinement en raison de la pauvreté dans laquelle il patauge, presque tous les autres pays africains ont opté pour le copier-coller.

Ainsi, l'on assiste aujourd'hui, en Afrique, en tout cas dans certains pays, à des confinements qui ne disent pas leur nom : mise en quarantaine de villes, fermeture de marchés, arrêt du transport en commun urbain et interurbain et l'on en oublie. Résultat, nos économies déjà exsangues sont en train de s'effondrer les unes après les autres et la misère devient de plus en plus ambiante.

En réalité, certaines mesures prises en Afrique dans le cadre de la lutte contre le Covid-19, sont en train de faire plus de mal que le mal lui-même. Toute cette réaction disproportionnée par rapport à l'ampleur du mal, est la conséquence du grand matraquage médiatique sur le Covid-19 par l'Occident.

L'Afrique s'en trouve donc maladroitement embarquée au point de vouloir singer l'Occident par rapport à tout ce qui y est entrepris pour endiguer le fléau.

Et pourtant, quand on analyse froidement la situation, on est loin de voir se réaliser sur le continent, les prévisions apocalyptiques annoncées par les Occidentaux.

Sur l'ensemble du continent, le Covid-19 a fait près de 1 300 morts. Comparaison n'est pas raison mais ce chiffre ne représente rien par rapport au nombre de morts causés par le paludisme par an en Afrique.

A comparer aussi avec le nombre de morts dû au Covid-19 en Europe et en Amérique, l'on peut dire que le taux de létalité en Afrique du coronavirus, ne permet pas, pour le moment, de parler d'hécatombe.

Par contre, l'on peut craindre, à quelques semaines du début de la saison des pluies, que le paludisme fasse davantage mal à l'Afrique.

Et pour cause, tout le monde ne parle aujourd'hui que du Covid-19, oubliant, de ce fait, que ce dernier est nettement moins mortel que l'anophèle femelle.

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