Burkina Faso: Services de Santé sexuelle - COVID-19 "ralentit" la fréquentation des jeunes

Le Centre d'écoute pour jeunes (CEJ) de l'Association burkinabè pour le bien-être familial (ABBEF), sis au quartier Paspanga de Ouagadougou, qui sert de rempart contre les grossesses non désirées, les Infections sexuelles transmissibles (IST), assure un service minimum au profit des jeunes et adolescents, depuis l'apparition du coronavirus.

Dispositif de lavage de mains à l'entrée, des jeux de société quasi-vides, le cybercafé fermé, pas de projection de films, aucun client à la "cafette".

C'est le "visage" que présentait le Centre d'écoute pour jeunes (CEJ) au quartier Paspanga, en cette matinée du vendredi 17 avril 2020.

Assises sur des chaises, distantes de "un" mètre l'une de l'autre et venues pour diverses raisons de santé, des jeunes filles, femmes enceintes et adultes, attendent dans un grand bâtiment à l'intérieur de la cour.

Farida Ouédraogo, étudiante en master II de mines et carrières, âgée d'environ 20 ans, portable en mains et écouteurs dans les oreilles, guette la sortie d'une cliente dans la salle des sages-femmes, avant d'y avoir accès.

Elle est venue pour une consultation gynécologique, parce qu'elle dit ressentir des douleurs au bas-ventre depuis un certain temps, bien qu'elle ne soit pas en période de ses menstrues. « J'ai un appareil génital "capricieux". La dernière fois j'étais là, parce que j'avais des pertes blanches, aujourd'hui, je reviens pour un autre mal», se plaint t-elle.

Mlle Ouédraogo reconnait que ce centre offre plusieurs prestations au profit des jeunes sur la Santé sexuelle de reproduction (SSR).

Ne pouvant pas s'abstenir des rapports sexuels, elle confie avoir opté pour les préservatifs mais avec cette méthode, elle dit être très prudente. Ce n'est pas la 1re fois que la jeune fille fréquente ce lieu.

L'étudiante avoue qu'en ce temps de pandémie de COVID-19, elle a hésité avant de venir, parce qu'elle ne sait pas si les mesures barrières édictées par le ministère de la Santé, sont respectées.

Elle constate à son arrivée, que le centre n'est pas en reste dans la lutte contre cette maladie. Farida Ouédraogo apprécie les prestations faites par les agents du centre. « Quel que soit le rang social de la personne, elle est bien accueillie et c'est ce qui nous motive d'ailleurs à fréquenter ces lieux», affirme t-elle, toute souriante.

Abondant dans le même sens, Charlotte Sourwèma, étudiante en banque et micro-finance, venue pour une consultation gynécologique, applaudit également la qualité des services.

Elle indique qu'elle reviendra pour les contraceptifs, car selon elle, si une fille qui opte, de nos jours pour l'abstinence sexuelle, risque de perdre son "petit ami".

C'est d'ailleurs dans l'optique d'aider les jeunes et adolescents à contrôler leur vie sexuelle, que le CEJ leur donne des conseils, pour se prémunir contre les Infections sexuellement transmissibles (IST), les grossesses précoces et non désirées.

Des élèves, étudiants, commerçants, fonctionnaires bref... , toutes les couches sociales sont accueillies dans cette structure.

Aminata Sanogo, assistante en Ressources humaines, enceinte de sept mois et demi, est une habituée du CEJ. Auparavant, elle y était pour une campagne de dépistage du VIH/Sida. Satisfaite des services du centre, Mme Sanogo décide de lui rester fidèle.

Le service minimum assuré

Elle est présente dans ces locaux ce vendredi 17 avril, pour sa 4e consultation prénatale et pour un examen d'urine. « J'ai eu des conseils permettant de mieux me protéger et protéger la vie du bébé », se réjouit t-elle.

L'engouement vers ce centre n'est plus à démontrer, puisque de l'avis de l'animateur social, Simon Yaméogo, les prestations se font du lundi au vendredi, de 7h30 à 15h30 et le samedi, avec une permanence de 8h30 à 11h.

« Environ 100 personnes réparties dans pratiquement tous les services étaient reçues par jour. Mais depuis pratiquement trois semaines, avec la pandémie de COVID-19, le service fonctionne au ralenti », précise t-il.

Et d'ajouter que dans le souci de ne pas exposer davantage les prestataires et les clients, les heures ont été réaménagées avec un service minimum, allant de 8h à 12h du lundi au vendredi. « En service clinique, le travail est réduit. En quatre heures de travail, nous ne pouvons recevoir qu'une vingtaine de personnes par jour », déplore t-il.

Pour lui, c'est le dispositif de divertissement qui attire plus les jeunes vers ce centre et lorsqu'ils sont présents, les agents de santé profitent les informer de la possibilité de bénéficier d'autres services.

L'animateur explique que certains élèves reçoivent des informations sur leurs prestations de bouche-à-oreille ou par le biais de leurs camarades fidèles au centre.

Il rappelle que le Mouvement d'action des jeunes (MAJ) est également mis à contribution à travers leur plateforme d'échanges, pour passer des messages aux jeunes, que malgré le "confinement", les portes du centre ne sont pas fermées.

« N'eut été cette pandémie, nous devons être à la phase finale de notre jeu concours inter-établissement sur la Santé sexuelle de la reproduction, qui vise à susciter les besoins des adolescents dans ce domaine», justifie M. Yaméogo.

Plus de: Sidwaya

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