Congo-Kinshasa: 4 ans après... Papa Wemba respire encore dans les cœurs des mélomanes

«L'artiste ne meurt jamais », dit-on. Cet adage rappelle la mémoire d'un digne fils du pays tombé sur scène dans l'exercice de son métier, un certain 24 avril 2016, lors d'un festival de musique urbaine à Abidjan, en Côte d'ivoire. Le monde de la musique a commémoré, vendredi dernier, le quatrième anniversaire de la mort du prince de la rumba congolaise et fondateur de l'Orchestre « Viva La Musica », celui que l'on appelait affectueusement Papa Wemba, Bakala dia Kuba, Maître d'Ecole, ...

Des hommages lui ont été rendus dans les quatre coins du monde pour ceux qui garderaient encore de bons souvenirs du roi de la sape. Des émissions spéciales "Papa Wemba" ont été enregistrées le week-end dernier en sa mémoire.

Né le 14 juin 1949 à Lubefu, dans l'actuelle province du Sankuru (RDC), Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba, dit Papa Wemba, un monument, un géant de la musique congolaise, laisse derrière lui une œuvre foisonnante, plus d'une cinquantaine d'albums réalisés entre 1970 et 2014.

Mère Amazone témoigne...

La veuve Jules Shungu, Mme Marie-Rose Luzolo dit "Mère Amazone", sur les ondes d'une station locale, a reconnu en l'artiste les vertus d'un homme d'une bonne éducation et d'un grand cœur. "Je regarderais beaucoup plus de l'homme que l'artiste. L'artiste était aussi mon artiste. En l'observant en tant que Shungu Wembadio, c'était un homme d'une bonne éducation et d'un grand cœur. Il fallait que Dieu me dote aussi de ce cœur-là", a-t-elle laissé entendre.

Certes, ils ont partagé le lit conjugal, mais Marie-Rose Luzolo était également fan de l'artiste musicien Papa Wemba Bakala Dia Kuba. "C'est mon artiste. A chaque fois qu'il était sur scène et qu'il se déchainait, j'étais la première à envoyer un message : « Bravo l'artiste ! » Et il était près de moi", a-t-elle témoigné.

L'on pouvait suivre à travers la même source les témoignages inédits de deux lieutenants du village Molokaï. D'un côté, l'artiste musicien se déclarant fils adoptif de Papa Wemba, Bendoson, a reconnu en l'artiste un cœur exceptionnelle, capable de « supporter même l'insupportable ».

Pour sa part, Reddy Amisi dit Baïlo Canto, a adressé sa reconnaissance au Vieux Bokoul pour lui avoir permis de réaliser son album Prudence, alors qu'il était au sein de l'orchestre Viva-La- Musica. Et ce, avec la plus grande bénédiction de son leader Papa Wemba. C'est pour lui l'un des plus grands souvenirs qu'il garde de celui qui a forgé son chemin dans l'univers de la musique urbaine.

Une promesse... et tant d'illusion

Reddy Amisi comme tous les fans de Papa Wemba à travers le monde n'ont visiblement pas jeté dans les oubliettes la promesse faite par l'ancien Gouverneur de la ville de Kinshasa et aujourd'hui Sénateur, André Kimbuta Yango, qui aurait initié de nombreux projets à titre posthume en faveur de l'artiste.

Des promesses sans réalisation jusqu'à ce jour, notamment, la construction d'un buste au village Molokaï, dans le quartier Matonge, à Kinshasa. Et pourtant, lors du premier anniversaire de la disparition du président de Viva- la-musica, André Kimbuta et une équipe de l'Asbl Bana Kin, avaient posé la première pierre dans l'ex-stade Tata Raphaël où devait être érigé le buste promis. Mais, rien ne fut réalisé jusqu'à ce qu'il quitte les bureaux de l'Hôtel de ville de Kinshasa pour la Chambre haute du Parlement.

Le Directeur Général de l'Institut National des Arts (INA), Professeur Lye M. Yoka a relaté, ad litem, le parcours historique et artistique de Papa Wemba voire ses apports dans la musique typique. « ... disons enfin que comme tout artiste, Papa Wemba avait ses ombres et ses lumières, à la croisée des chemins et des quêtes d'une professionnalisation de plus en plus exigeante, et tributaire des compétitions mondialisées impitoyables. Il s'en est globalement tiré à bon compte... », a-t-il reconnu.

Un vœu exaucé

Papa Wemba est parti comme il l'a toujours souhaité... sur scène, devant ses fans. A l'instar de Molière, son vœu a été exaucé. La fête battait alors son plein à Anoumabo, un quartier populaire d'Abidjan, où a lieu tous les ans le Festival des musiques urbaines (Femua), quand le pire s'est produit. Le « roi de la rumba congolaise », pour reprendre l'expression de la presse abidjanaise, qui était l'artiste le plus attendu de la soirée, entamait le troisième air de son concert quand tout à coup il s'effondre sur scène, micro en main.

Après quatre ans de sa disparition physique, nous ne pouvons que lui souhaiter un repos eternel, et un grand merci pour les œuvres combien marquées au fer rouge dans le monde de la musique urbaine congolaise. Paix à son âme !

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