Ile Maurice: Confinement - Quand des enfants se déchaînent sur la Toile

Le confinement ne réussit pas à tout le monde. Alors que certains en profitent pour publier des vidéos artistiques sur les réseaux sociaux, d'autres, surtout des jeunes et enfants, se déchaînent. Trois vidéos en particulier ont attiré l'attention cette semaine.

Parmi elles : celle d'un garçon visiblement âgé entre 15 et 16 ans insultant ceux qui participent au désormais fameux DontRushChallenge et une autre montrant une fille en bas âge invitant les hommes à avoir des relations sexuelles avec elle. Le langage laisse à désirer. La dernière en date met en scène deux filles d'environ 12 à 14 ans se battant pour un garçon.

Dans la vidéo des deux jeunes filles qui se crêpent le chignon pour un dénommé Miyo et postée durant la soirée du jeudi 30 avril, l'une d'elles finit avec la poitrine dévoilée tandis que l'autre a la robe remontée. La vidéo a suscité la réaction de plusieurs internautes, qui n'y sont pas allés de main morte en commentaires et a donné le hashtag CulotteGate. Certains sont allés très très loin en réalisant un photomontage comparant une des filles assistant à la scène à un gorille.

Ce que bon nombre ne savent probablement pas, c'est que toute utilisation ou diffusion d'une vidéo d'une personne sur les réseaux sociaux sans son consentement est condamnable par la loi.

Letissia Molen, jeune fille engagée qui côtoie souvent les jeunes, admet être triste en voyant ce genre de vidéo et s'interroge sur la part de responsabilité des parents dans ce genre de situation. «Nou an konfinnman mé kan get sa bann vidéo-la, mo kestion sé kot bann paran été, kouma kapav ena otan violans dan sa bann zenn-la?» dit-elle. Chaque vidéo qu'elle regarde en ce sens l'étonne car le niveau de violence devient alarmant et elle pense que les jeunes devraient revoir leurs priorités, à commencer par avoir une bonne éducation et être civilisés.

Pour sa part Rita Venkatasawmy, l'Ombudsperson for Children, avoue que c'est horrible. «L'Internet ne fait qu'aggraver les choses car la situation est comme telle depuis un moment. C'est horrible de voir nos jeunes comme ça sur les réseaux sociaux. Le premier facteur en cause, c'est l'encadrement. Ce n'est pas facile par ce temps de confinement d'être parent», dit-elle. Rita Venkatasawmy mise sur la sensibilisation des parents, car elle estime que les enfants sont plus portés à copier ce que font les parents. Elle met l'accent sur un meilleur encadrement de la part des parents que ce soit pour le respect du confinement mais surtout l'utilisation de l'Internet. «Il y a des cours en ligne mais il faut s'assurer que les enfants les font vraiment, puis s'assurer de ce que ces derniers voient sur les réseaux ou sur Internet.»

Qu'en est-il du fait que les deux jeunes filles se battent dans la rue et en présence de spectateurs en bas âge ? «Malheureusement, il y a certaines régions où les enfants sont dans les rues malgré le confinement pour jouer avec leurs amis. Ils le font car les parents disent Pena corona dan nou landrwa, nou kapav sorti», déplore l'Ombudsperson for children. Enième cas qui reste encore à faire du bruit, vu les memes qui déferlent.

Rs 200 000 d'amende et jusqu'à cinq ans de prison

Toute publication de vidéos ou photos portant atteinte à l'intimité d'une personne ou non-respect de la dignité de la famille sur les réseaux sociaux est aussi considérée comme une violation de l'Information and Communication Technologies Act. Le coupable peut être passible à une amende de Rs 200 000 et d'une peine de prison ne dépassant pas cinq ans.

Plus de: L'Express

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