Nigeria: Victime de la crise du pétrole, l'économie en plein marasme

Les bâtiments de la Banque Centrale du Nigeria à Abuja.

Le Nigeria entame ce lundi un déconfinement partiel et progressif. Pour l'économie nigériane, qui va connaitre cette année sa deuxième récession en quatre ans, ce début de déconfinement est une lueur d'espoir alors que les perspectives sont très sombres.

Si le déconfinement est partiel, la déconfiture, elle, est quasiment totale. L'économie nigériane a grandement souffert des conséquences de la pandémie et en premier lieu de la chute des cours du pétrole. L'État fédéral a dû couper en urgence dans son budget l'équivalent de 5 milliards de dollars.

Les ministères et entreprises publiques ont vu leurs dotations réduites de 20 à 25%. Au Nigeria quand le pétrole va mal, tout va mal. Il fournit au pays 90% de ses recettes en devises. Du coup, il est prévoir une forte baisse des importations.

Or le pays est déficitaire sur le plan alimentaire et importe chaque année pour quatre à six milliards de dollars de denrées, principalement du blé et du riz. Avec ses 200 millions d'habitants, dont les deux tiers vivent sous le seuil de pauvreté, le Nigeria va devoir trouver une solution pour éviter une crise alimentaire.

Déjà cinq à six millions de personnes ont faim chaque jour. Pour l'instant, Abuja a appelé ses bailleurs de fonds à l'aide en réclamant sept milliards de dollars. Mais le pays n'exclut pas de recourir à de nouveaux emprunts sur les marchés internationaux.

Déconfinement : entre joie et prudence

Le déconfinement qui commence ne concerne pas l'État de Kano où de nombreuses morts restent inexpliquées. Les frontières inter-États resteront par ailleurs fermées et le couvre-feu sera toujours en vigueur.

L'État fédéral a imposé le confinement dans trois États dont Lagos et Abuja, mais de nombreux gouverneurs locaux avaient eux aussi imposé un confinement ou un semi-confinement.

Des millions de personnes sont concernées, dans la plus grande ville du pays, Lagos, et dans la capitale Abuja. À partir de ce lundi soir un couvre-feu nocturne (20h-6h) doit entrer en vigueur. Et le port des masques faciaux sera obligatoire. Comment cet allègement est perçu sur place ? Reportage à Abuja.

Je vais prendre mon temps avant de sortir. Les gens vont se précipiter maintenant que le confinement va être allégé ici.

Beaucoup gens sont restés enfermés plus d'un mois. Les gens étouffent et sont en manquent de liberté. Je dois rester prudente. Je dois faire attention. C'est une situation terrifiante car le Covid-19 est une maladie invisible

Plus de: RFI

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