Congo-Kinshasa: COVID-19 à Kinshasa - Nouvelle alerte du prof. Muyembe

Les statistiques des personnes contaminées à Kinshasa a atteint la cote d'alerte, telle que l'avait prédit, au mois d'avril, le professeur Jean-Jacques Muyembe Tanfum, au lendemain de la décision de l'autorité urbaine de « confiner » la capitale, laquelle s'est finalement muée en « confinement » de la commune de Gombe, du 06 au 20 avril 2020, suivie du processus de son « déconfinement ». L'éminent microbiologiste avait situé le « pic » à ce mois de mai en cours, ce qui est en train d'être confirmé par les faits, c'est-à-dire une moyenne de cas qui tourne autour de 20 cas de contamination au quotidien.

Le professeur Muyembe, dans sa dernière alerte, insiste sur le respect strict des gestes barrières : port du masque de protection dans les lieux publics et les transports en commun, lavement quasi permanent des mains au savon ou au désinfectant, observation de la distanciation sociale d'un mètre entre personnes, etc. Il rappelle aussi le respect des mesures de prévention du coronavirus, telles qu'édictées par les autorités nationales il y a plus d'un mois : interdiction des rassemblements de plus de 20 personnes, transfert sans transition des morts des morgues vers les sites d'inhumation, fermeture des frontières nationales et provinciales aux voyages des personnes, fermeture des écoles, universités, restaurants, terrasses, etc.

Le constat malheureux à faire, au passif des Kinoises et Kinois, est qu'ils font la sourde oreille face aux mises en garde des décideurs politiques comme des scientifiques évoluant dans le comité multisectoriel de riposte au Covid-19. Des comportements et discours d'avant l'entrée de la pandémie à Kinshasa continuent d'être de mise. Non seulement les rangs des Saint Thomas ne font que grossir mais en plus, les vendeurs et vendeuses des denrées de consommation courante dans les marchés et places publiques font leur commerce sans la moindre protection. C'est pareil du côté de leurs clientes et clients, qui ne leur exigent le respect d'aucune norme d'hygiène avant de prendre possession de leurs produits.

Aux arrêts et parkings des bus, taxis et taxi-bus, la bousculade entre « candidats » au voyage reste à la mode. Certains receveurs, par crainte de se faire arrêter par des éléments de la Police de Circulation Routière, ont maille à partir avec les passagers pour ne pas dépasser la barre de 10 dans un taxi-bus, de 16 dans un bus « Esprit de vie » et de 20 dans un bus « Transco ». Dans les quartiers populaires de toute la ville de Kinshasa, on ne ressent pas la peur du coronavirus. Au contraire, la tendance est au laisser-aller.

Et comme les autorités municipales - bourgmestres, chefs de quartiers, chefs de rues - sont totalement absents sur le terrain, les saboteurs des mesures de prévention agissent en toute impunité. Tout se passe à Kinshasa, comme si le travail de sensibilisation était l'apanage du seul gouverneur Gentiny Ngobila. A cette allure, il y a lieu de craindre une catastrophe sanitaire à Kinshasa ; car les gens cultivent des gestes et tiennent des propos de nature non pas à briser la chaine de transmission du Covid-19 mais plutôt à favoriser son allongement dans la durée. Pourtant, selon des prévisions des scientifiques, si les Kinoises et Kinois continuent d'ignorer les gestes barrières, le coronavirus risque de continuer à empoisonner le quotidien de tous jusqu'à la fin de l'année.

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