Afrique: Une princesse burundaise solidaire offre des masques au Mali

Esther Kamatari et ses employés déploient toute leur énergie pour produire des masques réutilisables. Plus de 3000 ont déjà été produits.

Elle aurait pû rentrer en France où elle est exilée depuis les années 1970. Mais la princesse burundaise, anciennen mannequin, a préféré rester dans sa résidence au Mali, et faire preuve de solidarité. Esther Kamatari et ses employés se sont lancés dans la fabrication de masques en tisssus face à la pandémie de coronavirus.

Aujourd'hui, lorsque on arrive chez elle, l'entrée de la résidence de la princesse burundaise s'est transformée en véritable usine. À la chaîne, gantés et masqués, les employés de maison manipulent délicatement les "Royal masques" créés par la princesse.

Une idée qui lui est venue récemment. "J'étais dans une pharmacie. Je voulais acheter des masques pour le personnel", raconte Esther Kamatari. "Je me suis rendu compte que le masque coûtait 5.000 francs pour une durée de trois heures. Personne ne peut s'acheter des masques d'une durée de vie de trois heures à ce prix". C'est cela qui l'a décidé à se lancer. "Bien évidemment ce ne sont pas des masques FFP2, destinés aux personnes directement en contact avec les malades."

Plusieurs milliers de masques

Plus habituée à sublimer les robes de créateurs, l'ancienne mannequin a fait appel à 20 tailleurs bamakois pour coudre les masques. Et aujourd'hui, plus de 3.000 de ces masques sont dans l'attente d'un visage à protéger. "Nous allons dans un premier temps offrir 1.500 masques à la protection civile, c'est-à-dire les pompiers, qui sont les premiers sur place lorsqu'il y a un cas suspect." Des pompiers qui seront donc protégés par un masque quasiment 100% africain : dessiné par une princesse burundaise et confectionné par des tailleurs bamakois dans un coton malien. "Je vous le concède, l'élastique n'est pas africain", sourit Esther Kamatari.

L'opération de la princesse semble nécessaire, maintenant que le port du masque est reconnu comme une réelle protection par différentes autorités sanitaires. Mais pour protéger l'ensemble des Maliens, Esther Kamatari en appelle aux bonnes volontés pour faire de même. "Si chacun d'entre nous pouvait de son côté créer, coudre et les offrir, je pense qu'on pourrait s'en sortir."

Plus de: DW

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