Burundi: Les avocats des 4 journalistes d'Iwacu demandent l'acquittement

Le procès en appel de 4 journalistes d'Iwacu, un des derniers médias indépendants au Burundi, s'est déroulé ce mercredi en présence des accusés. Leurs avocats demandent l'acquittement, l'affaire a été placée en délibéré.

Pendant plus de deux heures, les avocats des quatre journalistes ont tenté de prouver que le dossier d'accusation était vide.

Le ministère public s'est basé sur un message téléphonique échangé par une des journalistes d'Iwacu avec un collègue basé au Kenya. Dans son message, la journaliste déclare « aller aider des rebelles ». Une simple plaisanterie selon la défense, à prendre au second degré donc. Dans un autre message, la journaliste avait d'ailleurs déploré que « ces rebelles venaient menacer la paix au Burundi ».

Le procureur n'a en effet jamais réussi à prouver que les journalistes avaient eu un quelconque contact avec des rebelles. En première instance, l'absence de preuve avait entraîné une requalification des chefs d'inculpation. D'abord accusés de complicité, les journalistes avaient finalement été jugés coupables de « tentative de complicité d'atteinte à la sûreté de l'Etat ».

Pour l'avocat des journalistes, Maître Clément Retirakiza, « l'accusation n'est pas fondée ». Il demande donc l'acquittement.

Les juges ont maintenant 30 jours pour donner leur verdict.

#Burundi Le procès de nos collègues vient d'être mis en délibéré. Le verdict sera prononcé dans 30 jours pic.twitter.com/rCaZ1cXAFK

IWACU Burundi (@iwacuinfo) May 6, 2020

Plusieurs organisations de défense des droits humains et de la liberté d'expression appellent également à la libération des journalistes d'Iwacu et dénoncent la pression exercée par les autorités sur la presse.

Les quatre journalistes avaient été condamnés en première instance, en janvier dernier, à deux ans et demi de prison et une amende d'un million de francs burundais (482 euros) chacun pour « tentative de complicité d'atteinte à la sûreté de l'Etat ». Les 4 journalistes d'Iwacu ont été arrêtés le 22 octobre 2019 dans la province de Boubanza, au nord-ouest du pays alors qu'ils couvraient l'incursion surprise d'un groupe de rebelles burundais en provenance de République démocratique du Congo.

Depuis 2015, le Burundi a reculé de 15 places dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF. Le pays occupe aujourd'hui la 160e position sur 180.

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 100 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X