Congo-Kinshasa: Arriérés de primes des assistants parlementaires - Lettre ouverte à tous les députés nationaux

Fidèles compagnons de tous les temps des députés nationaux, totalement pris en charge par le Trésor public, les assistants parlementaires broient curieusement du noir depuis la validation définitive de leurs mandats et l'investiture du Bureau définitif, il y a plus d'une année.

Leurs « patrons » et « autorités morales », même s'ils subissent aussi de plein fouet les effets de la basse conjoncture générée par la pandémie du coronavirus, jouissent du bénéfice des « invisibles », ces « enveloppes » qui tombent des dessous de table, au détour d'une motion, d'une question orale, d'une question d'actualité, d'une session extraordinaire, d'une commission d'enquête, d'une mission en provinces ou à l'extérieur du pays, etc.

Après avoir frappé à toutes les portes, sans obtenir gain de cause dans le dossier de leurs arriérés de primes (février, mars, avril, mai 2019 et mars -avril 2020), ils ont résolu d'adresser à tous les honorables, membres du bureau et autres, une lettre ouverte collective. Un seul souci les anime : être traités comme des partenaires politiques des élus du peuple, avec tous les avantages légaux liés à leurs rangs.

Les observateurs notent, à la lumière de leurs doléances, que les assistants parlementaires ne sont pas ne « se retrouvent » dans la noble fonction qui est la leur, à savoir celle de « conseillers » des députés nationaux, de concepteurs et rédacteurs de leurs interventions, de communicateurs chargés d'entretenir leur « visibilité » politique, d'avocats du diable prêts à les défendre contre vents et marées et à recevoir, le cas échéant, des « coups » à leurs places, surtout dans des situations de lynchage médiatique. Au regard de l'indifférence que leurs « boss » affichent à leur égard, on se demandent s'ils ne sont pas « confinés » au statut de simples porteurs de mallettes, condamnés à vivre de la portion congrue

Car, l'on peut comprendre l'existence de l'inégalité de traitement entre eux et leurs « collègues » assistants parlementaires des sénateurs, qui ne connaissent aucun arriéré salarial, qui ont été « mécanisés » dès l'installation du bureau définitif de la chambre haute du Parlement et dont les salaires et primes sont payés aux taux officiellement agréés. Grands donneurs de leçons de bonne gouvernance, de patriotisme, de transparence, de justice sociale, les députés nationaux se trouvent devant un test de vérité. KIM

Nous, Assistants parlementaires de la 3ème législature de la troisième République, avons l'honneur de vous approcher par la présente pour vous faire part, vous rappeler et solliciter votre implication afin d'apporter une solution définitive aux frustrations cumulées suite aux traitements Injustes que nous subissons en violation de l'article 108 du Règlement Intérieur de notre Chambre qui stipule que :

« Le Député national, autre que les membres du Bureau de l'Assemblée nationale, a droit à un assistant parlementaire choisi par lui pour l'aider dans son travail

Toutefois, si le budget de l'Assemblée nationale le permet, le député national pourrait avoir droit à un deuxième assistant.

L'assistant parlementaire fait partie du personnel politique. Il a droit à une rémunération et aux avantages fixés par décision du Bureau de l'Assemblée nationale.

L'assistant parlementaire est nommé aussitôt après l'installation du Bureau définitif, et le cas échéant, relevé de ses fonctions par décision du Président de l'Assemblée nationale sur proposition du député de qui il dépend ».

En effet, depuis le début de la législature en cours jusqu'à ce jour, les Assistants parlementaires comptent 6 mois d'arriérés de leur prime étalé comme suit: Février, Mars, Avril, Mai 2019, l'extraordinaire de la session inaugurale 2019 et Mars, Avril 2020. Cette situation Injustifiée et non comprise affecte les conditions de vie sociale de vos Assistants que nous sommes. Nous tenons à rappeler que la plupart des collègues Assistants parlementaires viennent de l'intérieur du pays et éprouvent des difficultés énormes pour répondre aux besoins de leurs ménages.

Toujours en quête des solutions, nous avons adressé plusieurs correspondances à l'Honorable Présidente, rencontré certains membres du bureau, ainsi que quelques Présidents des Groupes parlementaires et des commissions permanentes, mais la situation reste Inchangée. ci-joints quelques copies de nos lettres antérieures.

Sans vouloir faire une quelconque comparaison, nos collègues du Sénat sont déjà en possession de leur carte de service, ils touchent régulièrement leurs primes, ils bénéficient de certains avantages sociaux et ils ont même reçu leur frais d'installation depuis le mois de décembre 2019 ; tandis qu'au niveau de notre Chambre, ~continuons à décrier un traitement déplorable et injuste, aucune pièce de service, une prime mensuelle toujours tardive et Incertaine dont le montant ne cesse de diminuer chaque mois.

A ce jour, nous observons que les Assistants parlementaires de l'Assemblée nationale ne sont pas toujours nommés, conformément aux prescrits de article sus évoqué.

Ainsi, nous sollicitons votre implication individuelle et collective dans ce dossier, afin d/y trouver des solutions adéquates et mettre un terme définitif aux maux qui ruinent vos collaborateurs que nous sommes.

Dans l'espoir que notre requête retiendra votre bienveillante attention, nous vous prions de recevoir, Honorables Députés

nationaux et représentants légitimes du peuple congolais, l'expression de notre parfaite considération.

Pour le Collectif des Assistants

Parlementaires

Coordonnatrice

Maître LYNA ODIA TSHIBANGU

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