Libye: Couac sur l'opération européenne Irini au large du pays

A peine commencée, l'opération européenne de contrôle de l'embargo des armes au large de la Libye se heurte aux reproches de Malte.

Cette réserve politique est l'oeuvre du gouvernement maltais, qui a notifié officiellement à l'Union européenne (UE) son refus d'engager des ressources militaires supplémentaires dans l'opération Irini visant à faire respecter l'embargo sur les armes imposé à la Libye. Malte oppose son veto aux décisions relatives aux dépenses pour le débarquement des migrants et le financement des drones. Cette nouvelle intervient quelques heures avant le lancement des opérations navales, déployées au large de la Libye.

Malte a toujours été proche de la Libye, géographiquement et politiquement, et entretient avec le pays des liens culturels et économiques. Elle a aussi soutenu le gouvernement d'entente nationale (GNA) de Tripoli. Cette annonce intervient quelques jours après que le gouvernement de Tripoli a envoyé une lettre aux membres du conseil de sécurité des Nations unies pour dénoncer l'opération Irini comme "partielle et partisane".

Cette position marque une rupture de la position européenne sur la Turquie, sur l'opération de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC), et s'explique par le ressentiment qu'a Malte d'un manque de solidarité de la part des Européens. La Valette se dit aux prises à une "crise sans précédent" avec des flux "disproportionnés" d'arrivées (+438 %) dues au trafic d'êtres humains et veut garder ses ports fermés aux migrants sauvés en mer. Or, les Européens n'arrivent pas à se mettre d'accord sur un partage de responsabilité des personnes secourues en mer. Malte a envoyé une demande au haut représentant de l'UE lui demandant de mettre en place une aide humanitaire pour la Libye - et surtout du gouvernement de Tripoli - et de réactiver la mission EUBAM Libya, chargée de l'assistance aux frontières, en la réorientant vers l'aide humanitaire.

Une demande qui s'est heurtée à un silence, plus proche d'un refus, que de l'ouverture d'une discussion. Or, il n'est pas possible pour les Européens de faire l'économie d'un vrai débat sur la Libye et de redéfinir leur position, de façon plus tranchée. Malgré les dires officiels d'un soutien au gouvernement de Tripoli, les Européens semblent avoir perdu tout espoir de voir Fayez El Sarraj stabiliser la Libye. Le processus de Berlin de janvier n'a non plus produit les effets escomptés. La neutralité allemande, contrairement à la France et à l'Italie, pour imposer un nouveau rythme à la négociation, plus politique et moins militaire, n'a pas non plus marché.

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