Cameroun: Capital humain - L'investissement judicieux

Si le Cameroun, aujourd'hui pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, veut concrétiser son objectif de devenir une économie émergente à l'horizon 2035, il devra investir dans le capital humain, source essentielle et pilier d'une croissance à long terme. Une éducation de qualité permettant à une large partie de la population de participer au processus de production des biens et des services à haute valeur ajoutée, à travers l'accroissement de la productivité de la main d'œuvre.

On comprend dès lors pourquoi le chef de l'Etat Paul Biya accorde une place majeure à l'éducation et à la formation des jeunes dans son projet de société. Une option dont la pertinence est validée par les théories de la croissance endogène qui ont été testées au cours des dernières décennies dans un grand nombre de pays. Et qui ont confirmé, d'après la Banque mondiale, que le capital humain joue un rôle déterminant dans la croissance économique.

Il va donc sans dire que les mesures prises par le président de la République en vue de la promotion du développement de l'enseignement supérieur au Cameroun s'inscrivent dans une démarche à la fois cohérente et stratégique.

Une démarche qui offre en effet la grille d'analyse appropriée du recrutement spécial de 2000 enseignants titulaires du Doctorat/PHD que vient d'ordonner Paul Biya dans les universités d'Etat du Cameroun.

Il est évident que la décision présidentielle apporte une réponse concrète aux besoins pressants des universités d'Etat en matière d'enseignants, notamment suite à la création ces dernières années de plusieurs nouveaux établissements. Un besoin d'enseignants énorme dans les universités de Maroua, Ngaoundéré, Buea et Bamenda, de source proche du dossier au MINESUP.

Le recrutement qui s'étalera alors sur une période de trois ans à compter de l'exercice 2019 pourra résorber le déficit en particulier dans la première catégorie d'enseignants d'université (les assistants). Etant entendu qu'en ce qui concerne les besoins liés aux enseignants des niveaux « chargé de cours et professeur de rang magistral », cela tient à une évolution dans la carrière, le changement de grade obéissant à des règles précises.

Par ailleurs, il convient de souligner à grands traits que ce recrutement spécial va indénia blement contribuer à réduire le chômage des personnes titulaires du Doctorat/PHD en leur offrant un emploi sûr. Tout comme il va renforcer la formation des étudiants.

C'est le lieu d'insister sur la nécessité de garder le curseur sur la professionnalisation en cours des enseignements, afin que l'université mette à la disposition du secteur productif de l'économie, des cadres supérieurs dont il a besoin pour son essor.

Les qualifications étant un facteur important à prendre en compte dans toute analyse de l'offre de main d'œuvre, l'accent doit être mis, à côté de la formation dans les sciences sociales et de gestion, sur l'enseignement technique et professionnel de qualité. Car c'est celui-ci qui permet de se doter de compétences utilisables immédiatement sur le marché du travail.

C'est dire qu'il faut concomitamment renforcer l'apprentissage par un meilleur attelage entre les universités et le monde de l'entreprise pour que, in fine, la formation universitaire soit étroitement liée aux besoins du marché du travail et facilite l'insertion professionnelle de nouveaux diplômés entrant sur ledit marché.

C'est un autre défi de taille à relever si on veut à terme accroître sensiblement la part du secteur privé structuré dans l'absorption de la main d'œuvre qualifiée.

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