Burkina Faso: Dieu, protège-moi des terroristes, de la COVID, je m'en charge

Un haut-commissaire obligé de faire un grand détour, traversant la frontière avec un autre pays pour rallier son chef-lieu de région, c'est souvent l'affligeant spectacle auquel on assiste depuis quelque temps dans l'Est.

Une attitude bien compréhensible, quand on sait que les terroristes pullulent et paradent partout, occupant des portions de territoire.

Dans certains hameaux burkinabè, ils ont même le culot de hisser un drapeau dont la couleur dominante en dit long sur leurs sombres desseins. Dans l'Est, à Arly précisément, ils se sont même sanctuarisés.

C'est dire que l'on sait où ils sont terrés, ces enturbannés sanguinaires. Qu'attend-on pour organiser une battue pour les débusquer, ces hommes sans foi ni loi ?

Mais que nenni ! Et l'on se demande si on n'a pas désarmé. Et pourtant, on consacre de grands efforts à la lutte contre le coronavirus.

Les dons affluent de partout, rarement désintéressés, sous l'œil de caméras compatissantes. L'Etat décrète à la pelle des mesures de restriction contre un virus qu'ils veulent faire croire aussi coriace, voire retors et tout aussi dangereux qu'un terroriste.

Ces mesures, il les lève sous la pression populaire, navigue à vue, sans compas et sans gouvernail. Pendant ce temps, à l'Est, dans le Sahel, au Centre-Nord et dans la Boucle du Mouhoun, la patrie de Sankara est en train d'être phagocytée par des hordes de barbus à motos.

Mieux vaut faire les pudiques et détourner le regard ailleurs ou carrément faire la politique de l'autruche. Je vous assure qu'à ce rythme, nous vaincrons un jour le coronavirus ; mais on n'aura point de territoire assez vaste pour arroser notre victoire sans éclabousser le voisinage. Et englués dans la m... jusqu'au cou que nous sommes, on parle d'élections.

Où auront-elles lieu ? Sûrement à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso, mais nulle part ailleurs. Qu'en sera-t-il de la présidentielle et des législatives, d'une part, et des municipales, d'autre part, des exercices au cours desquels la campagne de proximité s'impose ?

Peu de candidats oseront battre campagne dans leurs zones. Je touche du bois pour que tout se passe bien, mais l'exemple du Mali, avec son chef de file de l'opposition toujours aux mains de ses ravisseurs, les interpellera au plus haut point.

Plus de: L'Observateur Paalga

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