Congo-Kinshasa: Affaire sextape - L'évêque Pascal Mukuna sous mandat d'arrêt provisoire

L’évêque Pascal Mukuna

La décision est tombée le mercredi 13 mai après plusieurs heures d'audition de ce leader religieux au Parquet général près la Cour d'appel de Kinshasa/Gombe. L'incriminé a été entendu sur les accusations de « viol, rétention illicite et menaces de mort » portées contre lui par une certaine Mamie Tshibola.

A peine qu'il venait d'ester en justice contre l'ex-président Joseph Kabila qu'il accuse d'avoir détruit le pays durant son règne et installé un bureau d'enregistrement pour recevoir les victimes de la répression du pouvoir kabiliste, l'évêque Pascal Mukuna a reçu une convocation du Procureur général près la Cour d'appel de Kinshasa/Gombe.

Le chef spirituel de l'Assemblée chrétienne de Kinshasa (ACK) y était attendu ce mercredi 13 mai pour répondre des faits infractionnels lui imputés sur la base d'une plainte émise à son encontre. Respectueux de la justice, le pasteur s'est présenté au Palais de la justice en compagnie de ses avocats.

Viol, menace de mort et rétention illicite des documents parcellaires, telles sont les accusations portées contre l'homme de Dieu par la plaignante, une certaine Mamie Tshibola, épouse de feu Kantshia Milongo, un des anciens collaborateurs de l'évêque Pascal Mukuna.

La dame a affirmé dans sa plainte déposée le 8 mai que le leader spirituel de l'ACK l'aurait obligée à avoir des relations sexuelles avec lui pour entrer en possession du certificat d'une parcelle située dans la commune de Bandalungwa que son défunt mari lui a légué. A en croire l'accusatrice, le pasteur Mukuna avait fait de ce document un objet de chantage pour obtenir ses faveurs sexuelles.

Harcelée et poussée à la faute, Mamie Tshibola finit par céder, dans l'idée que le fameux document lui allait être restitué.

Tel ne fut pas le cas. « Il m'a non seulement violé, mais aussi et surtout m'a exposé au mépris du public en publiant mes images qui portent atteinte à ma dignité de femme », avait-elle mentionné dans sa plainte. Viol ou relation consentante ? C'est au tribunal de préciser.

Le mercredi 13 mai au Parquet général près la Cour d'appel de Kinshasa/Gombe, l'évêque Mukuna fut interrogé des longues heures durant sur ces faits qu'il a du reste niés devant des juges qui cherchaient à lui tirer les vers du nez.

Quant à la vidéo compromettante l'impliquant devenue virale sur les réseaux sociaux, il la met sur le compte de la campagne de dénigrement que lui font subir les chantres du FCC qui digéreraient mal la croisade judiciaire qu'il vient d'enclencher contre leur autorité morale et sénateur à vie, Joseph Kabila Kabange.

A l'issue de la confrontation avec la plaignante, l'évêque est placé sous mandat d'arrêt, un régime de privation de liberté de cinq jours et placé en détention préventive au cachot du parquet près le tribunal de grande instance de la Gombe en attendant la poursuite des auditions ce jeudi 14 mai.

Ainsi en a décidé le tribunal visiblement pas très convaincu par les explications de l'incriminé qui, en attendant l'instruction du dossier à sa charge, jouit de la présomption d'innocence. Encore un procès en perspective.

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