Madagascar: Vie de parti - La crise fracture le HVM

Le parti HVM tente tant bien que mal de se relever après la défaite cuisante lors de la présidentielle de 2018.

Coup de massue sur la tête du président du Sénat, mardi dernier, après la déclaration publique de quelques sénateurs issus du parti Hery Vaovao ho an'i Madagasikara qui ont soutenu le remède avancé par le président de la République.

Le parti HVM n'est pas sorti de sa zone de turbulence. En pleine crise sanitaire, le parti n'est pas épargné par la dissension. Des sénateurs élus sous les couleurs de ce parti de Hery Rajaonarimampianina ont manifesté, mardi dernier, leur soutien à la tisane améliorée Covid-organics du président de la République. La déclaration est un affront contre le président du sénat et non moins coordonnateur national du parti HVM, Rivo Rakotovao. Ce dernier est désavoué par ses propres alliés politiques qui ont choisi l'autre camp dans le cadre de la crise actuelle. Le parti HVM rejette formellement la décoction de l'Institut Malgache de Recherches Appliquées comme remède au Coronavirus, et demande à les retirer du marché. Mais les sénateurs Roger Kolo, Honoré Rakotomanana, Johary Rajobson ne sont pas de cet avis. Ils soutiennent que le CVO est « une solution pour lutter contre la propagation du Covid-19, et mérite à cet effet, un soutien ». Le pont est donc complètement coupé entre ces derniers et le clan Rakotovao.

Clash. Le front contre le président du Sénat ne date pas d'hier. Mené par les Roger Kolo, Berthin Andriamihaingo, Johary Rajobson, le clan anti-Rakotovao au sein du Sénat s'est dévoilé au grand jour au lendemain de la saisine de la Haute cour constitutionnelle par le président du Sénat concernant la régularisation des ordonnances présidentielles publiées en début de l'année 2019. Cette démarche de Rivo Rakotovao a été l'acte de trop pour les sénateurs Roger Kolo et consorts.

Ces derniers voient de très mauvais œil l'initiative du président du sénat, et décident de le désavouer en public. Depuis, le clash est consommé au sein du HVM, grand perdant lors de la présidentielle de 2018. Une frange du parti décide de s'allier au régime alors que le parti bleu a choisi le camp de l'opposition. Au niveau du Sénat, le bureau permanent est secoué par les menaces de destitution. On vise de détrôner Rivo Rakotovao de sa confortable chaise de président de la Chambre haute. Le concerné a même dévoilé en mars dernier, lors de la session extraordinaire du parlement, que les frondeurs tentent même de corrompre des sénateurs pour arriver à leurs fins.

Impasse. Malgré cette hémorragie au sein du HVM, le parti n'a pas perdu son allure. Au sein de l'opposition, le HVM assure une présence percutante. Au sein du sénat, les sénateurs HVM ont assumé plus d'une fois le rôle de contre-pouvoir devant une assemblée nationale acquise à la cause du régime. Lors de la première session extraordinaire du parlement en mars dernier, le sénat a fait peser tout son poids dans le cadre de la navette parlementaire pour bloquer l'adoption du projet de loi 001-2020 autorisant la ratification des ordonnances 2019-002 relative au régime général des élections et des référendums, 2019-006 relative au fonctionnement du Sénat ainsi qu'aux modalités d'élection et de désignation des sénateurs de Madagascar, et 2019-009 portant code minier. Le projet de loi est rejeté, et ce blocage a conduit à la mise en place d'une commission paritaire pour dénouer l'impasse. Le parti crie victoire. Pour l'adoption prochaine de la loi des finances rectificatives, le sénat promet encore de « bien jouer » son rôle de contre-pouvoir.

Plus de: Midi Madagasikara

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