Afrique: Doublement possible du nombre de décès par le SIDA en Afrique subsaharienne

Rebecca et ses cinq enfants devant leur maison à Shamva au Zimbabwé.

Le nombre de décès causés par le VIH pourrait doubler en Afrique subsaharienne au cas où l'accès des malades aux traitements était perturbé par le coronavirus, indique un communiqué commun de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'Onusida.

Une perturbation de six mois dans l'accès aux antirétroviraux pourrait provoquer la mort de cinq cents personnes supplémentaires en Afrique subsaharienne entre 2020 et 2022. Ce chiffre doit être ajouté aux quatre cent soixante-dix mille décès de 2018, l'année des dernières données statistiques, indique le communiqué de l'OMS et l'Onusida. Près d'un million de personnes sont mortes du sida dans le continent, et 25,7 millions vivent avec le VIH, dont 16,4 millions bénéficient du traitement antirétroviral. L'ONU craint une rupture des campagnes de prévention, d'accès aux soins et aux traitements. Ce qui pourrait effacer les progrès réalisés dans la prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant.

Or, le nombre d'enfants infectés a baissé de 43% entre 2010 et 2018 passant de deux cent cinquante mille à cent quarante mille enfants, souligne l'ONU, qui cite l'exemple du Mozambique, du Malawi, du Zimbabwé et de l'Ouganda, où les infections infantiles pourraient exploser, respectivement de 37% pour le premier, de 78% pour les deux suivants, et de 104% pour le dernier. La directrice exécutive de l'Onusida, Winnie Byanyima, a tiré la sonnette d'alarme : "Le risque existe que les victoires remportées dans la lutte contre le sida soient sacrifiées au cours de la bataille contre le Covid-19".

La semaine dernière, l'Onusida a appelé les gouvernements à "ne pas faiblir dans leurs efforts de prévention du VIH et garantir que les populations continuent d'avoir accès aux services nécessaires pour éviter toute infection, discrimination et violence, mais aussi pour être en mesure de jouir de leur santé sexuelle et de la reproduction ainsi que des droits afférents". Winnie Byanyima s'inquiète de "la perte à grande échelle de revenus et d'emplois [qui] pourrait se traduire par une augmentation des relations sexuelles rémunérées, du commerce du sexe et de l'exploitation sexuelle. Cela exposera des personnes à un risque accru de contracter le VIH sauf si elles disposent des moyens de se protéger". L'Onusida rappelle que depuis l'apparition du VIH il y a plus de trente-cinq ans, soixante-dix-huit millions de personnes ont été infectées.

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