Sénégal: Me Abdoulaye Tine (avocat) - « l'Etat doit rapatrier gratuitement les corps »

Avocat du collectif des familles qui souhaitent le rapatriement des corps de leurs proches décédés du coronavirus à l'étranger, Me Abdoulaye Tine pose l'hypothèse de l'exhumation de ceux qui sont déjà enterrés. Il plaide aussi pour que le Sénégal prenne en charge les frais de rapatriement.

Le président Macky Sall est revenu, lundi, sur sa décision initiale de ne pas autoriser le rapatriement des dépouilles de Sénégalais morts du Covid-19 à l'étranger. Pourtant selon Me Abdoulaye Tine, les conditions de rapatriement n'ont pas encore été arrêtées.

« Le secrétaire d'Etat chargé des Sénégalais de l'extérieur (Moise Sarr, Ndlr) a informé qu'ils ont entrepris des discussions avec ses homologues du gouvernement afin de déterminer ensemble un protocole sanitaire », renseigne Me Tine.

L'avocat a fait le décompte des dossiers en cours. « Il y a actuellement 90 Sénégalais décédés à l'étranger. Avec les statistiques dont je dispose, la France enregistre le plus de décès (36) de Sénégalais victimes du Covid-19 », précise-t-il.

Me Tine informe également qu'une partie de ces dépouilles a déjà été inhumée, et l'autre partie était toujours en attente d'une décision favorable de l'Etat du Sénégal.

Ce qui pose la question de l'exhumation des corps déjà enterrés. Ce serait une pratique conforme au principe de respect des droits de l'homme.

« La loi permet, s'il y a un changement de circonstances, de procéder à l'exhumation des corps. Donc si les familles le souhaitent, elles pourront obtenir le transfèrement du reste de leur proche, si on s'en tient à ce que dit la loi», argumente-t-il.

Par ailleurs, Me Tine plaide pour que l'Etat prenne en charge les frais de rapatriement des corps devant être inhumés au Sénégal.

« J'espère que le rapatriement sera gratuit puisque l'Etat avait décidé de payer des places au cimetière pour ces personnes.

Et comme qui peut le plus peut le moins, l'Etat doit rapatrier les corps gratuitement pour les familles », lance-t-il avant de poursuivre : « ne serait-ce que pour réparer les préjudices nés de l'acte d'interdiction. Il serait heureux que l'Etat se rachète ».

Ainsi, Abdoulaye Tine invite le gouvernement à faire preuve d'humanité dans le traitement de ce dossier.

« Il serait dommage de rajouter des douleurs à la peine des familles. Le gouvernement doit essayer de rétablir la confiance avec la Diaspora », conclue-t-il.

Plus de: Le Soleil

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